Cet article date de plus d'un an.

Hostiles au confinement, obligés de travailler ou angoissés par le coronavirus : à Paris chacun s’adapte à l'épidémie… ou pas

Emmanuel Macron pourrait annoncer lundi soir de nouvelles mesures de confinement. À Paris, dans une ville qui vit désormais au ralenti, chacun tente de s’adapter, bon gré mal gré, au coronavirus.

Article rédigé par
Farida Nouar - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Des clients attendent leur tour devant un supermarché en raison des mesures prises pour lutter contre l'épidémie,  le 16 mars 2020 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Le coronavirus Covid-19 gagne du terrain en France, et en attendant d’en savoir davantage, les autorités demandent aux Français de rester le plus possible à la maison et de privilégier le télétravail pour ralentir et contenir l'épidémie. Et pour ceux qui ne peuvent pas télétravailler, il faut donc continuer à prendre les transports en commun, désormais avec angoisse pour Jennie qui appréhende le trajet. Gantée, elle s’apprête à entrer dans le métro. "J’ai peur de toucher les portes du métro, les barres", soupire-t-elle.

 J’évite de m’approcher des autres parce que j’ai l’impression que tout le monde s’en fout, en fait : tout le monde s’approche de tout le monde ! Pour moi ça devrait être obligatoire le confinement.

Jennie

à franceinfo

Sylvain, lui, sort de cette station du 15e arrondissement. Il porte aussi des gants et un masque et il est catastrophé du comportement des usagers dans la rame. "Ils sont aussi collés les uns aux autres que d’habitude, peste-t-il. Malgré ceux qui toussent, etc. On verra ce que l’épidémie va donner mais les gens n’ont pas encore compris. Le confinement est la seule mesure qui reste pour endiguer le problème."

>>  DIRECT. Coronavirus : Emmanuel Macron s'exprimera ce soir à 20 heures sur les nouvelles mesures de lutte contre l'épidémie

Sur les Champs Elysées seul le bruit des voitures vient casser la léthargie de la plus belle avenue du monde. Café, restaurants et boutiques de luxe fermés : seuls les commerces de nécessité restent ouverts. Wahiba prend son service au petit matin dans l'une des boulangeries de l'avenue. "Je suis obligée d’être là puisqu’on travaille dans l’alimentation. On va essayer de mettre des gants et de faire attention à ne pas toucher les clients…"

Il y a beaucoup de touristes alors j’ai un peu peur. Mais on doit être là pour la clientèle qui veut acheter du pain.

Wahiba

à franceinfo

À la gare Montparnasse, beaucoup de voyageurs se massent au niveau des départs grandes lignes. Parmi eux, Fabien et ses deux petits garçons qu’il veut mettre à l'abri. "On fuit la capitale, explique-t-il. On part à la campagne dans la région nantaise, rejoindre les grands parents. On s’est dit qu’ils seraient plus isolés qu’à Paris, même si on a plus peur pour les grands-parents que pour les petits enfants..."

Malgré les restrictions, beaucoup de Parisiens ont profité du soleil ce week-end pour se prélasser dans les jardins, un comportement qui a choqué au sein de l'exécutif. Yves, lui, lit son journal sur un banc du jardin du Luxembourg et ne comprend pas cet agacement. "Il faudrait qu’ils pensent un peu à ceux qui vivent dans des petits logements avec deux ou trois enfants, toute la journée quand il fait beau", s’indigne-t-il.

On vous a énervés à sortir quand il faisait beau ? Moi ce qui m’a énervé un peu, c’est d’entendre il y a plusieurs semaines sur franceinfo des gens qui sortaient de Roissy en revenant de la province chinoise d’où vient le virus… 

Yves

à franceinfo

"Je pense qu’il y a eu beaucoup de négligence et de laxisme, poursuit, amer, Yves. Maintenant, il faut assumer et pas trop emmerder les Français avec le confinement. De toute façon, je ne resterai pas enfermé à la maison, ça c’est sûr : j’irai marcher etc." Emmanuel Macron s'exprimera lundi soir à 20 heures et pourrait notamment évoquer des mesures de confinement supplémentaires.

A Paris, à l’heure de l’épidémie, chacun s’adapte… ou pas - reportage Farida Nouar
écouter

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.