Faim : "Le confinement prive certaines personnes de s'alimenter", selon Pierre Micheletti

Dans le monde, 265 millions de personnes sont en insécurité alimentaire et 250 pourraient basculer dans la famine. Une situation inquiétante. Pierre Micheletti, président d’Action contre la faim, est l’invité du 23h.

Sur le terrain, est-ce que la situation s’aggrave chez les populations les plus vulnérables ? "L’épidémie ne semble pas dans un processus d’expansion importante dans les pays où nous intervenons. Les difficultés viennent plutôt des effets collatéraux de l'épidémie, soit du fait du confinement strict adopté par certains pays, soit du fait de l’interruption des moyens humains ou aériens qui ne nous permettent pas d’ajuster le moyens humains et logistiques à nos pays d’intervention", rapporte Pierre Micheletti, d'Action contre la faim. "Nous sommes dans des pays assez pauvres, et le confinement prive les personnes de revenus minimaux et les prive surtout de s'alimenter", ajoute-t-il.

Des systèmes défaillants

L’épidémie met aussi en exergue un manque de données pour établir un état des lieux de la situation. "Il est bien évident que toute mise en place d’une politique publique doit reposer sur un état des lieux chiffré, de l’analphabétisme, de la sous nutrition, de la recherche d’emploi. Or nous sommes dans des pays où ces systèmes sont défaillants. Dès lors, comment mesurer l’importance d’un problème, les progrès ou pas accomplis. C’est ce qui amène la Banque mondiale à préconiser que, en matière de progrès, l’important serait de commencer à mettre en place un système permettant de mesurer ces phénomènes", avance Pierre Micheletti.

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Des réfugiés attendent de la nourriture au camp Kabasa, le 8 mars 2018, en Somalie.
Des réfugiés attendent de la nourriture au camp Kabasa, le 8 mars 2018, en Somalie. (GIOIA FORSTER / DPA / AFP)