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En Malaisie, le "fantôme" du coronavirus hante les rues pour inciter les habitants à rester chez eux

La peur collective des fantômes est utilisée pour inciter les citoyens à respecter le confinement, en pleine pandémie de coronavirus.

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Un homme marche dans une rue vide, à Kuala Lumpur (Malaisie), le 2 avril 2020.
Un homme marche dans une rue vide, à Kuala Lumpur (Malaisie), le 2 avril 2020. (FAZRY ISMAIL / EPA)

Un spectre blanc dans la nuit noire perché sur le toit d’une voiture. En pleine pandémie de coronavirus, le premier fantôme est arrivé dans une petite ville de la région du Terangganu, en Malaisie, effrayant les habitants de la ville, cloîtrés dans leurs maisons.

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Derrière les longs cheveux et la tunique immaculée se cache un homme : Muhammad Urabil Alias. Il travaille dans une entreprise de fret le jour, mais il est aussi magicien amateur à ses heures perdues. Lorsque le confinement a été décrété dans le pays, le 18 mars dernier, il s’est énervé de voir bon nombre de ses jeunes voisins continuer à sortir pour se retrouver comme si de rien n’était.

Pour leur donner une bonne leçon, il a donc décidé de sortir un de ses déguisements et de sévir. Afin de ne pas provoquer d’accident en paradant sur le route, mais aussi pour respecter lui-même le confinement, il a décidé, la nuit tombée, de se poster devant chez lui. Sa femme l’a filmé et a posté cette vidéo sur les réseaux sociaux.  Elle est rapidement devenue virale, et la peur des fantômes a incité ses voisins à rester chez eux. 

La peur répandue des fantômes

C'est une crainte répandue en Malaisie. Le pays a beau être majoritairement musulman, la galerie de fantômes de la culture malaise, présente avant l’islamisation du pays, subsiste toujours, même dans les régions qui appliquent la charria comme celle où habite Muhammad. 

Quelques jours après avoir révélé sa supercherie, Muhammad a été très surpris de voir des policiers toquer à sa porte. Il a d’abord pris peur, pensant qu’il allait être arrêté pour trouble à l’ordre public, mais en réalité, les forces de l’ordre étaient venues le féliciter d’avoir aidé au bon respect des règles du confinement et ont tenu à prendre une photo avec lui déguisé.

Des fantômes présents aussi... en Indonésie

Le cas de ce fantôme malais n’est pas isolé. En Indonésie, un petite village de l’île de Java a mis en place des patrouilles de pacongs, des fantômes qui incarnent dans la culture indonésienne les âmes errantes des défunts. Avec la bénédiction de la police, ils patrouillent dans les rues de leur village qui a décidé de se confiner alors même que le gouvernement du pays n’a pas encore déclaré de confinement général.

Enveloppés dans un drap pâle, le visage grimé de blanc, les fantômes ont d’abord fait sensation et créé l’effet inverse à celui escompté : les habitants sortaient pour les apercevoir, effrayés mais surtout curieux. Le maire a donc décidé de changer de stratégie et de ne plus révéler les itinéraires et heures de sortie des fantômes. Depuis, assure-t-il, petits comme grands restent chez eux pour ne pas risquer de croiser un de ces esprits, et se préservent ainsi de risque de contamination. 

Un homme marche dans une rue vide, à Kuala Lumpur (Malaisie), le 2 avril 2020.
Un homme marche dans une rue vide, à Kuala Lumpur (Malaisie), le 2 avril 2020. (FAZRY ISMAIL / EPA)