Don du sang : "Nous avons un stock qui est très faible", alerte l'Etablissement français du sang qui appelle à la "mobilisation"

Entre la canicule cet été et les restrictions sanitaires qui ont modifié "les habitudes de vie de l'ensemble de la population", le directeur de la collecte de l'Établissement français du sang Hervé Meinrad déplore un manque de près de 10 000 poches de sang par rapport à l'année dernière à la même période.

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Une collecte organisée par l'Établissement français du sang le 12 juin dernier à Nantes. (TYPHAINE MORIN / FRANCE-BLEU LOIRE OCÉAN)

"Nous avons un stock qui est très faible. Nous sommes inquiets pour cette période de rentrée", alerte Hervé Meinrad, directeur de la collecte de l'Établissement français du sang, ce mercredi sur franceinfo. "Aujourd'hui, on a 87 000 poches", soit "pratiquement 10 000 poches" de moins que l'an passé à la même période. Selon lui, les donneurs ne se sont pas bousculés pendant l'été, notamment à cause de l'épidémie de coronavirus qui "modifie les habitudes de vie de l'ensemble de la population". Hervé Meinrad appelle à "la mobilisation" pour "qu'on puisse répondre à tous les besoins pour servir tous les malades dans les hôpitaux".

franceinfo : Les réserves sont-elles particulièrement basses en cette rentrée ?

Hervé MeinradOui, nous avons un stock qui est très faible. Aujourd'hui, on a 87 000 poches, donc c'est beaucoup moins que l'année dernière, où nous avions pratiquement 10 000 poches de plus en stock au même moment. On a eu une diminution continue de notre stock pendant l'été et il reste à des niveaux très faibles aujourd'hui. C'est pour ça que nous sommes inquiets pour cette période de rentrée.

Comment expliquez-vous cette diminution ?

C'est le contexte de cette année qui est particulier. Nous avons eu une fréquentation un peu plus faible pendant l'été. La canicule a découragé un certain nombre de personnes. Et puis, nous avons une activité des établissements de santé qui a été un peu plus élevée pendant le mois d'août que ce qu'on observe d'habitude. Ces deux phénomènes mis ensemble conduisent à cette situation d'un stock qui est très faible sur ce début du mois de septembre.

La peur du Covid a-t-elle également découragé certains donneurs ? Vous avez pourtant mis en place des mesures sanitaires…

Oui, nous avons mis en place toutes les mesures sanitaires nécessaires : le port du masque pour l'ensemble des personnes qui sont sur place, des mesures de distanciation, des mesures d'hygiène renforcées, la possibilité de prendre rendez-vous pour limiter le nombre de personnes présentes au même moment. Donc, il n'y a pas lieu de s'inquiéter pour venir sur nos collectes.

Je pense que la pandémie modifie les habitudes de vie de l'ensemble de la population. Les gens ont peut-être moins la tête à venir donner leur sang.

Hervé Meinrad

à franceinfo

L'épidémie a-t-elle également conduit à l'annulation de certaines collectes, notamment dans les entreprises ?

Oui, 80% de nos collectes sont des collectes mobiles, et il y a des périodes de l'année comme celle qu'on commence aujourd'hui, où un quart de ces collectes mobiles sont organisées en entreprise ou dans les milieux universitaires. Et aujourd'hui, on a des difficultés pour organiser ces collectes. On le comprend tout à fait avec le développement du télétravail, l'organisation des flux dans les entreprises ou la fermeture de certaines activités dans les universités. Tout ça fait qu'on a du mal à être accueillis aujourd'hui dans ces milieux-là. On a donc un risque sur un grand nombre de nos collectes en cette rentrée.

Pourquoi est-ce si important de reconstituer ces stocks ?

Parce que l'activité dans les hôpitaux va reprendre de manière plus intensive sur cette rentrée, donc il faut qu'on puisse répondre à tous les besoins pour servir tous les malades dans les hôpitaux. Et pour ça, on a besoin d'avoir un stock qui est supérieur à 100 000 poches de sang pour pouvoir fonctionner sereinement et normalement. C'est pour ça qu'on appelle à la mobilisation.

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