"Détecter les véhicules ou les individus au comportement suspect" : avec les gendarmes de l'Essonne, en patrouille pour faire respecter le confinement

Le confinement, imposé en pleine épidémie de coronavirus, n'est pas toujours respecté. De nombreux gendarmes et policiers sont mobilisés, avec parfois l'appui d'hélicoptères.

Une patrouille de gendarmerie dans le secteur de Palaiseau, le 26 mars 2020.
Une patrouille de gendarmerie dans le secteur de Palaiseau, le 26 mars 2020. (JÉRÔME JADOT / RADIO FRANCE)

Il est 5 heures du matin, dans le secteur de Palaiseau (Essonne), au niveau d'un rond-point stratégique au bord de la nationale 20. Dans la nuit, en gilet fluo, des gendarmes contrôlent quasiment toutes les voitures. Ce sont exclusivement des travailleurs, pour la plupart munis de leur attestation. Sauf pour cet automobiliste : "Vous recevrez la verbalisation directement", lui assène le militaire.

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100 000 policiers et gendarmes sont mobilisés depuis dix jours et multiplient les patrouilles pour faire respecter le confinement, imposé aux Français pour lutter contre l'épidémie de coronavirus.

"Cela fait trois semaines qu'on bosse, qu'on prend des risques...", regrette, amer, l'automobiliste. "Je peux repasser tout à l'heure et vous la présenter ? Elle est dans mon camion, je peux aller la chercher ?" Le gendarme acquiesce : "Tout de suite, alors." Les forces de l'ordre font encore un peu preuve de clémence parfois, même si le confinement n’est pas toujours respecté. Certains jeunes continuent de temps en temps de se rassembler au pied des immeubles de quelques quartiers sensibles ; des étudiants ont encore récemment fait la fête sur le campus de Saclay, à côté.

Un hélicoptère en soutien des équipes au sol

Alors dans le ciel, un hélicoptère veille pour repérer tout rassemblement, explique le lieutenant-colonel Parra : "Ce sont nos yeux. Nous on est vraiment sur un contrôle de zone, mais l'hélicoptère va détecter les véhicules ou les individus au comportement suspect. Il va même être en mesure d'intervenir pour stopper un véhicule, c'est ce qui est arrivé la semaine dernière, avec un individu qui a essayé de se soustraire à l'un de nos contrôles. L'hélicoptère l'a suivi, l'a jalonné et a permis l'interception du véhicule."

On a déjà eu un magasin qui a été l'objet d'une tentative de vol en plein jour.lieutenant-colonel Parraà franceinfo

La patrouille quitte le rond-point, direction un grand centre commercial voisin, avec différentes enseignes alimentaires. On laisse de côté les verbalisations, le but ici est de sécuriser les livraisons. "On surveille les sites d'approvisionnement", explique le lieutenant-colonel Parra. "Il est bon de voir votre présence, mais je pense qu'elle serait plus utile sur les gros flux de clients, exprime un commerçant. Il y a de l'impatience, de la peur surtout."

Il y a en effet parfois des tensions, voire des bagarres dans les files de clients. Le reste de la délinquance est en revanche en forte chute dans ce secteur de Palaiseau. Depuis le début du confinement, il n'y a eu aucun cambriolage, contre deux à dix par jour habituellement, et beaucoup moins de vols de de voiture également.

Les patrouilles de gendarmerie pour faire respecter le confinement
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