Des visons atteints de Covid-19 abattus : "Cet élevage est un des pires d'Europe", alerte une association pour le bien-être animal

Le ministère de l'Agriculture a ordonné l'abattage de 1 000 animaux dans un élevage de visons en Eure-et-Loir où circule le Covid-19. Un élevage dénoncé par l'association One Voice.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Dans un élevage de visons au Danemark (photo d'illustration). (MADS CLAUS RASMUSSEN / RITZAU SCANPIX / AFP)

"Nous connaissons bien cet élevage, c'est un des pires d'Europe pour la cruauté infligée aux animaux", réagit lundi 23 novembre sur franceinfo, Muriel Arnal, présidente et fondatrice de One Voice, qui lutte contre la maltraitance animale. Le gouvernement a annoncé dimanche l'abattage de 1 000 visons dans un élevage en Eure-et-Loir où circule le Covid-19.

"Nous ne sommes pas étonnés du tout de ce qui se passe aujourd'hui, regrette Muriel Arnal. Nous avions alerté Barbara Pompili [ministre de la Transition énergétique] qui m'a répondu que des tests seraient effectués. Nous attendons d'ailleurs les résultats pour les autres élevages puisqu'il y a trois autres élevages en France." One Voice avait porté plainte contre plusieurs élevages, notamment celui situé en Eure-et-Loir pour "les cruautés perpétrées sur les visons". "La plainte suit son cours", explique One Voice dans un communiqué.

L'association One Voice comprend par ailleurs que ces visons soient abattus pour des raisons sanitaires : "Malheureusement, nous sommes en crise sanitaire avec des morts et il faut absolument prendre toutes les précautions. De toute façon, il n'y a pas d'hypocrisie à avoir, ces animaux étaient voués à être abattus bientôt pour leur fourrure", explique Muriel Arnal. Le vison peut contracter le Covid-19, mais aussi réinfecter l'être humain. Il est la seule espèce connue à ce jour à l'origine de contamination inter-espèces, en l'occurrence vers l'homme et le chat, rappelle l'Anses, qui dans un avis récent a relevé le fait qu'aujourd'hui les animaux ne jouaient pas de rôle dans la propagation du Covid-19.  

Pour One Voice, il faut mettre fin à l'élevage de visons pour leur fourrure, "pour qu'il n'y en ait plus qui naissent dans cet élevage, ni dans les autres, et qu'ils ferment une fois pour toutes. Il ne reste plus que quatre élevages [en France], il y en a sept qui ont fermé dans les quatre dernières années." Selon Muriel Arnal, ces exploitations sont "des sources de souffrance, de pollution aussi pour la nature environnante, et de danger pour la santé humaine. On peut s'habiller autrement, donc il faut faire autrement. Il faut fermer ces élevages tout de suite [et] il faut aider les éleveurs à se reconvertir pour qu'on tourne cette page de l'élevage des animaux pour la fourrure en France."

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.