Covid-19 : pour la première fois en France, la présence du virus a été détectée dans un élevage de visons, l'abattage de 1 000 bêtes ordonné

Il existe quatre élevages de visons sur le territoire. L'un d'entre eux est donc contaminé, en Eure-et-Loir, un second "est indemne". Des analyses sont toujours en cours dans les deux derniers élevages. 

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Un vison en Bretagne, le 27 mars 2008.  (ERWAN BALANA / BIOSPHOTO / AFP)

Le Covid-19 circule dans un élevage de visons d'Eure-et-Loir, annonce dimanche 22 novembre le ministère de l'Agriculture, qui précise que 1 000 animaux ont été abattus, tout comme "les produits issus de ces animaux".

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Ce type de contaminations de visons par le Sars-CoV-2 a été principalement observé au Danemark, mais aussi dans d'autres pays européens comme les Pays-Bas ou la Suède. En France, indique le ministère, des analyses sont réalisées depuis la mi-novembre dans quatre élevages de visons.

"A ce stade, ces analyses ont permis de révéler que le virus circulait dans un élevage d’Eure-et-Loir, précise le communiqué du ministère. Dès qu'ils ont eu connaissance de ces résultats, les ministres concernés ont immédiatement ordonné l'abattage de la totalité des 1 000 animaux encore présents sur l'exploitation et l'élimination des produits issus de ces animaux." En France, il existe quatre élevages de visons. Un est donc contaminé, un second "est indemne". Des analyses sont toujours en cours dans les deux derniers élevages. Les résultats sont attendus dans la semaine, précise le ministère de l'Agriculture. 

Le vison peut réinfecter l'humain 

En France, des mesures de surveillance et de sécurité renforcées (masques, lavage des mains...) ont été mises en place dans ces installations en mai, après une alerte lancée en avril par les Néerlandais, a indiqué le gouvernement dimanche.

Des analyses ont ensuite été réalisées mi-novembre dans le cadre d'un programme dédié conduit par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), et ont mis le doigt sur le cas eurélien. Les résultats des tests effectués sur les éleveurs des quatre sites se sont révélés négatifs, souligne-t-on. Une surveillance renforcée a été mise en place pour l'éleveur d'Eure-et-Loir et sa famille, désormais "cas contacts".

Le vison peut en effet contracter la maladie, mais aussi réinfecter l'être humain. Il est la seule espèce connue à ce jour à l'origine de contaminations inter-espèces, en l'occurrence vers l'homme et le chat, rappelle l'Anses, qui, dans un avis récent, a relevé le fait qu'aujourd'hui les animaux ne jouaient pas de rôle dans la propagation du Covid-19. Le gouvernement souligne ainsi, dimanche, l'importance des gestes barrières dans le contexte d'un élevage de visons, pour protéger les animaux mais aussi le personnel.

Des millions de bêtes abattues au Danemark 

Avec quelque 20 000 visons d'élevage en France, selon le ministère de l'Agriculture, la France est cependant loin du problème du Danemark, premier exportateur mondial avec un cheptel de 15 à 17 millions de têtes.

L'affaire a aussi pris une tout autre ampleur quand Copenhague a ordonné début novembre l'abattage de tous ces animaux. En cause : la crainte d'une mutation du coronavirus qui, transmis à l'homme, rendrait inopérants les vaccins en cours de développement.

Aujourd'hui, les autorités de ce pays estiment que la souche mutante est "très probablement éteinte", mais l'abattage généralisé reste d'actualité, au grand dam des éleveurs danois qui sont descendus dans la rue samedi.

En France, une analyse de séquençage du virus sera connue d'ici à la fin de la semaine "et doit permettre d'exclure toute contamination par le variant Sars-CoV-2", indique le communiqué du ministère. 

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