Covid-19 : le président du Medef se dit "optimiste", Geoffroy Roux de Bézieux ne croit pas en "une augmentation massive du chômage"

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Geoffroy Roux de Bézieux plaide pour l'arrêt des aides au 30 juin, sauf pour les secteurs très en difficulté comme une partie du tourisme ou de l'évènementiel. 

"Je suis assez optimiste, je ne pense pas qu'on aura une augmentation massive du chômage, je ne crois pas à une vague de plans sociaux et de faillites", a déclaré lundi 14 juin sur France Inter, Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef. "En mars 2020, on prédisait un million de chômeurs supplémentaires, cela ne s'est pas produit car l'économie française a beaucoup mieux résisté grâce notamment au dispositif de chômage partiel", a-t-il poursuivi en évoquant la situation économique de la France après l'épidémie de Covid-19 et les confinements successifs.

Selon Geoffroy Roux de Bézieux, les prêts garantis par l'État (PGE) ont également permis de "geler le processus naturel". "Il y a 60 000 faillites par an en moyenne mais en 2020 il n'y en a eu 'que' 40 000, donc il y aura un rattrapage des faillites", a prévenu le patron du Medef. Mais ce rattrapage sera limité, selon lui. "Nos études sur nos adhérents nous disent que 5% des entreprises vont avoir des difficultés à rembourser leurs prêts garantis par l'État, là où la Banque de France dit 6%." Il s'agit de petites entreprises qu'il "faudra aider", poursuit Geoffroy Roux de Bézieux. Pour celles-là, il propose de "rallonger le PGE" tout en réaffirmant le caractère temporaire de ces aides.

"Le quoi qu'il en coûte, il fallait le faire, cela a permis d'éviter l'explosion du chômage, d'éviter l'explosion des faillites mais ce n'est pas une politique de long terme."

Geoffroy Roux de Bézieux

Selon le patron du Medef, "il ne faut pas que le 'quoi qu'il en coûte' se transforme en 'quoi-qu'il-en-coûtisme'". Geoffroy Roux de Bézieux estime qu'à partir du moment où les restrictions sanitaires sont arrêtées, le 30 juin, "il faut arrêter les aides". Cependant, il ne nie pas autant la possibilité de faire quelques exceptions, dans le secteur de l'évènementiel ou pour "ceux qui vivent du tourisme étranger".

Toujours avec optimisme, le président du Medef voit dans la situation actuelle "un effet de rattrapage très fort" de l'économie, avec "beaucoup d'épargne forcée qui va entraîner un effet consommation", même s'il faut, dit-il, "être prudent" avec "quelques incertitudes" à l'horizon.

"L'effet rattrapage en 2021 est probable, mais la vraie question c'est 2022 et les années suivantes car il est difficile de dire si cette reprise est le rattrapage d'un an de frustration, de confinement, ou si cela va durer."

Geoffroy Roux de Bézieux

Ces incertitudes concernent la difficulté de certains patrons à recruter, l'augmentation des prix des matières premières, comme l'acier qui "a pris 30%" ou encore des problèmes "plus structurels" comme le manque de bois dans la construction. "Et puis, il y a des choses plus inquiétantes, les tensions entre la Chine d'un côté et l'Occident, les pays riches, de l'autre", a-t-il précisé. "Le pire n'est pas certain mais il y a quand même des nuages à l'horizon qui inquiètent le monde économique", selon Geoffroy Roux de Bézieux.

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