Coronavirus : "Ça ne sert presque à rien de dépister à l'arrivée aux aéroports" affirme le professeur Eric Caumes

"Ce n’est pas du tout ce qu'il faut faire sur le plan épidémiologique" estime le chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, ce samedi sur franceinfo après l'annonce de Jean Castex de rendre obligatoire, dans les aéroports les tests pour les voyageurs en provenance de seize pays d'ici le 1er août. Pour Eric Caumes, ces voyageurs doivent être placés en quarantaine.

Les tests deviendront obligatoires dans les aéroports pour les voyageurs de 16 pays d\'ici le 1er août.
Les tests deviendront obligatoires dans les aéroports pour les voyageurs de 16 pays d'ici le 1er août. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

"Ça ne sert presque à rien de dépister à l'arrivée aux aéroports", a déclaré Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, sur franceinfo samedi 25 juillet, alors que le Premier ministre Jean Castex a annoncé vendredi que les voyageurs en provenance de seize pays où la circulation du coronavirus est "particulièrement forte" seront testés à l'arrivée.

Selon le professeur Caumes, rendre obligatoire des tests de dépistages pour les voyageurs en provenance de pays à risque, est "un léger progrès, mais malheureusement ce n’est pas du tout ce qu'il faut faire sur le plan épidémiologique". "La seule solution efficace quand on ne veut pas fermer les frontières, c'est la quarantaine", a-t-il déclaré. "Et c'est d'ailleurs ce qui se passe en Allemagne, en Italie, dans les pays du Royaume-Uni, enfin dans beaucoup de pays européens. Donc, pourquoi ça ne se passe pas comme ça en France, reste une source de mystère pour moi."

Des pays touchés... et absents de la liste

"Le test, c'est juste pour sensibiliser les gens", a-t-il ajouté. "Quand on teste quelqu'un à l'arrivée, s'il a été infecté pendant le vol, dans l'avion ou à l'aéroport, bien évidemment, vous n'allez pas le dépister. Il va déclarer l'infection quelques jours plus tard. Il va démarrer des chaînes de transmission." L’épidémiologiste recommande donc de "dépister les gens tous les trois jours ou tous les cinq jours pendant toute la durée d'incubation de la maladie, c'est à dire quinze jours après qu’ils aient mis les pieds en France."

Eric Caumes critique également l'absence de certains pays de la liste établie ce vendredi par le gouvernement. "Le Mexique par exemple, on sait que l’épidémie est en train d’exploser. Et on peut rentrer en France sans test. C’est aberrant." "En Ile-de-France, 75% des patients hospitalisés en réanimation sont effectivement des cas liés à un retour de voyage récent. On alimente l’épidémie comme ça", a-t-il mis en garde.