Concerts-tests annulés à Marseille : "Dans cette crise, le politique a plus de poids que les scientifiques", s'agace Akhenaton

Le rappeur se dit "désabusé" après la décision d'annuler le test à Marseille, tout en maintenant ceux de Paris et Montpellier. 

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Radio France
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Akhenaton lors d'un concert en juin 2017.  (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

"On s'aperçoit que dans l'ensemble de cette crise le politique a plus de poids que les scientifiques", s'est agacé jeudi 13 mai sur franceinfo Akhenaton, le rappeur du groupe IAM qui devait se produire lors de concerts-tests à Marseille. Alors que les concerts-tests de Paris et de Montpellier ont été validés par la ministre de la Culture, "le projet de Marseille n'a pas été retenu en raison de risques liés aux protocoles sanitaires proposés", a-t-elle annoncé mercredi. "On ne se doutait absolument pas que le politique allait dire non", déclare Akhenaton, qui se dit "désabusé" et "déçu", notamment pour les "scientifiques et associations qui œuvraient depuis de nombreux mois", sur ce projet.

franceinfo : Comment avez-vous appris l'interdiction des concerts-tests qui étaient prévus à Marseille ?

Akhenaton : Heureusement qu'un des scientifiques à l'initiative du projet est notre voisin, sinon on l'aurait appris par voie de presse par l'AFP de manière très classe, mais on commence à avoir l'habitude avec ce gouvernement. On a été très déçus. C'était surtout le travail des scientifiques et des associations qui œuvraient depuis de nombreux mois pour essayer de faire ce concert-test, bien avant celui qui a été proposé à Paris et qui est autorisé. C'est pas une histoire de faire Paris contre Marseille, on n'est pas du tout dans ça. Au contraire si nos amis de Paris arrivent à le faire, tant mieux pour eux. Mais on a des questionnements. Pourquoi ce n'est pas autorisé ? Pourquoi on attend toujours la dernière minute ? On a des vrais questionnements sur la culture au final.

Vous comprenez l'argument de Roselyne Bachelot qui évoque des risques liés au protocole sanitaire proposé ?

Cet argument-là, je ne le comprends pas non plus. Je trouve que ça aurait permis de faire comprendre aux gens que les salles de concert ne contaminent plus que le métro, que le TGV bondé, que les avions. Et c'est toujours, chaque fois la culture, la musique en général qui toujours est toujours visée. On travaille dans le vide, on n'a plus de perspectives.

Vous vous attendiez à un refus après le feu vert des autorités de santé ?

Pour nous, si les scientifiques étaient à 100% pour le concert, on ne se doutait absolument pas que le politique allait dire non. Et puis, on s'aperçoit que dans l'ensemble de cette crise, le politique a plus de poids que les scientifiques. Je ne peux pas vous dire à quel point les scientifiques de l'Inserm, [l'Institut national de la santé et de la recherche médicale], sont désabusés, ça fait des mois qu'ils bossent dessus. Et puis il y a les associations qui ont monté cette opération, ils nous avaient demandé en avril 2020, vous vous rendez compte ! Ils ont remonté des rapides pour essayer de monter ce concert-là. On n'est pas en train de faire des trucs hyper dangereux, on fait un concert-test avec 1 000 personnes sous certaines conditions. Les bras m'en tombent, je suis profondément désabusé. Ce concert-test, c'est la pierre qui vient se poser sur les désillusions que j'ai sur l'humanité en général.

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