Déconfinement : malgré un "rebond" de la consommation en France depuis le 11 mai, la récession va s'amplifier, selon l'Insee

L'activité reprend "prudemment mais nettement" depuis le début du déconfinement. Le produit intérieur brut devrait quand même chuter "d'environ 20%" au deuxième trimestre, selon des projections dévoilées mercredi par l'Insee, qui appelle à les prendre avec précaution.

Des clients patientent dans la rue avant d\'entrer dans des magasins, pour respecter les consignes sanitaires, dans le centre ville de Toulouse, le 16 mai 2020.
Des clients patientent dans la rue avant d'entrer dans des magasins, pour respecter les consignes sanitaires, dans le centre ville de Toulouse, le 16 mai 2020. (MATTHIEU RONDEL / HANS LUCAS / AFP)

Un "rebond" de la consommation des ménages. Pendant la première semaine du déconfinement, l'activité est repartie "prudemment mais nettement" en France, a constaté l'Institut national de la statistique (Insee). L'économie française tournerait actuellement "à environ quatre cinquièmes de son niveau d'avant crise", contre deux tiers pendant le confinement, précise l'Insee, dans ses enquêtes de conjoncture, publiées mercredi 27 mai. 

"En dépit des incertitudes inhérentes à l'exercice, des tendances assez claires se dégagent, avec notamment une reprise assez nette bien qu'encore partielle de l'activité économique française", souligne l'Insee dans sa nouvelle estimation de l'impact de la crise sanitaire en cours.

La plus importante récession depuis 1948

Malgré ce sursaut, le produit intérieur brut (PIB) devrait quand même chuter "d'environ 20%" au deuxième trimestre, après le recul de 5,8% enregistré au premier. "L'activité économique en juin pourrait être de l'ordre de 14% inférieure à la normale (après -25% en moyenne en mai et -35% en moyenne en avril)", estime l'Insee. Il s'agirait "de la plus importante récession depuis la création des comptes nationaux en 1948", précise l'institut, qui souligne que cette prévision doit être prise "avec précaution", étant donné l'incertitude du rythme de reprise dans les semaines qui viennent.

Un retour à la normale prendra vraisemblablement "de longs mois", et même si l'activité revenait à son niveau d'avant crise dès juillet, le PIB français diminuerait de 8% sur l'année 2020. Ce chiffre correspond au niveau de récession qu'envisage le gouvernement cette année. "Or un retour aussi rapide à la normale semble peu réaliste. L'impact global de la crise sanitaire en 2020 sera donc certainement supérieur à ce chiffre", estime l'Insee.

Par ailleurs, la chute de l'indice de confiance des ménages en France s'est poursuivie en mai, mais moins nettement que lors de sa dégringolade historique d'avril pendant le confinement. L'indicateur, calculé sur la base de soldes d'opinion (différence entre proportion de réponses positives et négatives), a perdu 2 points par rapport à avril, où il avait chuté de 8 points. Il se situe ainsi à 93 points, sous sa moyenne de longue période (100), précise l'Insee.