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Déconfinement : le maire de Saint-Pierre-d’Oléron veut rouvrir les plages de sa commune le 11 mai

Le maire de Saint-Pierre-d’Oléron (Charente-Maritime) va prendre un arrêté municipal pour rouvrir les plages de sa commune le jour du déconfinement, rapporte mardi France Bleu La Rochelle.

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Radio France
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Une plage de l'ïle d'Oléron. (BATAILLE PHILIPPE / MAXPPP)

Le maire de Saint-Pierre-d’Oléron (Charente-Maritime) compte rendre à nouveau possible l'accès aux plages de sa commune située sur l'île d'Oléron, dès le 11 mai, premier jour du déconfinement, selon France Bleu La Rochelle.

Christophe Sueur a même adressé, lundi 4 mai, un courrier à Emmanuel Macron pour le lui annoncer. "Je vous informe que le 11 mai, je prendrai un arrêté municipal autorisant l’accès à certaines plages tout en invitant mes collègues maires à faire de même", écrit le maire de Saint-Pierre-d’Oléron. "Il s’agit d’une nécessité, une mesure vitale pour une respiration d’un air ventilé et pur", ajoute-t-il.

Le maire veut faire "réfléchir différemment"

Les plages doivent pourtant rester fermées jusqu’au 1er juin, selon le plan de déconfinement présenté par le Premier ministre Édouard Philippe le 28 avril"Attendre le 2 juin pour rouvrir les plages, je ne le comprends absolument pas", témoigne mardi 5 mai sur franceinfo le maire de Saint-Pierre-d’Oléron. "Si j’ai pris cette décision de vouloir un petit peu précipiter les choses en rouvrant les plages de notre littoral, c’est parce que j’ai entendu que la sortie du confinement, ou son assouplissement, pouvait permettre à certaines personnes d’aller dans les jardins publics, de pouvoir sortir de chez eux, tout en restant dans un rayon de 100 km en ce qui concerne les déplacements", explique Christophe Sueur sur franceinfo. "Nous, habitants du bord de l’océan, serions donc bloqués car plus de 50% de notre territoire est en mer ? Et en même temps, nous n’aurions pas le droit d’aller à la plage alors que c’est, pour nous, un lieu de vie ?", s’insurge l’élu, qui se justifie : "Notre jardin public, notre espace de vie commun, nos lieux de discussion en famille et nos balades se font sur la plage. C’est pour cette raison que j’ai écrit au président de la République, afin de lui indiquer, ainsi qu’aux services préfectoraux, qu’il fallait réfléchir différemment."

Mais comment faire respecter les mesures barrières et les règles de distanciation physique en rouvrant les plages du littoral ? Réponse de Christophe Sueur : "Il y a 320 km de plage en Charente-Maritime où nous sommes 360 000 habitants. Tout le monde ne va pas à la plage. Il y aura certainement autant de ruées dans les grandes surfaces, sur les parkings et dans les galeries marchandes. Je n’arrive pas à comprendre comment nous, les maires, allons pouvoir gérer sur le terrain la liberté de circulation sur les chemins et massifs forestiers en bordure de mer, et se cacher derrière chaque arbre pour contrôler ou interdire l’accès à la plage."

Le déconfinement est "inéquitable", selon l'élu

Quant aux "craintes" de la préfecture pour gérer "l’arrivée de personnes" en raison de l’ouverture des plages, le maire de Saint-Pierre-d’Oléron les balaye : "Nous l’avons déjà habituellement tout au long de l’année, cet afflux de population, et sans le Covid-19. Avec le respect de la limite des déplacements dans un rayon de 100 km, on n’a absolument pas à être inquiets, notamment d’une éventuelle venue des habitants de la région parisienne puisqu’ils ne pourront pas se déplacer jusqu’à chez nous." 

Christophe Sueur se montre optimiste sur la tournure de son engagement à rouvrir les plages : "Je sais qu’on va forcément s’entendre". Le maire ne cache pas pour autant un peu d’amertume et trouve le déconfinement "inéquitable à l’échelle du territoire français". "En Nouvelle-Calédonie, du 20 avril au 3 mai, les habitants ont eu l’autorisation d’aller sur les plages et de pouvoir pratiquer leur vie sportive", rappelle l’élu. "Le bord de plage, ce n’est pas que du loisir. Il y a des activités de pêche, de circulation et de respiration. La plage fait partie de notre quotidien. Il y a une grande partie de la population française qui vit à moins de 100 km de la mer. C’est un choix de vie. Aujourd’hui, on a tous pris conscience que le coronavirus est dangereux. On est capables, avec les règles de distanciation et de préconisation, de pouvoir circuler librement sur la plage tout en étant attentifs", assure-t-il.

Cependant, l'ouverture des plages est du ressort du préfet du département, qui a compétence dans une bande des 300 mètres tout au long du littoral. Ce qui pour autant n’inquiète pas Christophe Sueur qui rétorque : "La notion de droit, ça va s'expliquer après le 11 mai entre la préfecture et moi-même, avec nos cabinets juridiques, et on verra ce que le droit dira." Le maire de Saint Pierre-d'Oléron espère que, d'ici le 11 mai, des solutions seront trouvées, "ensemble", avec les services de l'État pour trouver des portes de sortie.

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