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Déconfinement : "Il n'est pas évident que ce soit la même date qui soit applicable partout, de la même façon", estime le Pr William Dab

L'épidémiologiste, ancien directeur général de la Santé, regrette sur franceinfo que la date du 11 mai pour le début du déconfinement "semble comme imposée sans qu'on comprenne la raison de ce choix".

Article rédigé par franceinfo
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Des policiers procèdent à un contrôle d'autorisation de circuler le 11 avril 2020, à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Le gouvernement envisage un déconfinement progressif à partir du 11 mai, dont les modalités seront présentées d'ici quinze jours. "Je ne sais pas si c'est trop tôt. Il n'est pas évident que ce soit la même date qui soit applicable partout, en même temps, de la même façon", estime mardi 21 avril sur franceinfo le Pr William Dab, épidémiologiste et ancien directeur général de la Santé.

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La date du 11 mai "n'a pas été justifiée". "On n'a pas dans le débat public actuellement les arguments qui ont présidé à ce choix. Il serait important d'avoir une photographie régionale de l'épidémie de coronavirus Covid-19", a estimé le Pr William Dab. "L'impression que ça donne, c'est qu'il y a des régions où la circulation virale est beaucoup moins active et, à la limite, on pourrait dès à présent envisager d'alléger le confinement dans certaines régions, ce qui servirait de laboratoire", selon lui. Pour William Dab, interdire les déplacements entre régions semble "difficile".

Je ne pense pas que les Français soient prêts à accepter des solutions policières comme les Chinois ont mis en place. Actuellement, elle est réduite. Ce point pourrait s'arranger.

Dr William Dab

à franceinfo

"Nous sommes en train de vivre une première, il n’y a pas d'expérience passée de cela, poursuit l'ancien directeur général de la Santé. Donc, il faut faire prudemment, progressivement, et se donner les moyens à chaque étape d'évaluer l'efficacité de ce que l'on fait quitte à faire marche-arrière si on est sur une fausse piste."

"On ne peut pas réactiver le pays avec des gens qui ont peur"

La fin du confinement n'est pas la fin de l'épidémie, selon lui : "Si on attend la fin de l'épidémie avant déconfiner cela veut dire qu'on attend que le vaccin soit là. On ne va pas pouvoir vivre pendant 18 mois ou deux ans comme actuellement. Donc, il faut avancer, mais avancer prudemment et en mobilisant les outils de la science."

"Cela aurait été plus facile si la date du 11 mai avait été discutée, concertée, alors qu'elle semble comme imposée sans qu'on comprenne la raison de ce choix. Résultat, on a déjà des réticences. Beaucoup de familles craignent de renvoyer les enfants à l'école le 11 mai, beaucoup d'employés ne sont pas tranquilles et ont peur de reprendre le travail. On ne peut pas réactiver le pays avec des gens qui ont peur."

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