Accidents mortels, excès de vitesse... La Sécurité routière s'inquiète de "premiers chiffres alarmants" depuis le déconfinement

Dans une interview au "Parisien", l'adjoint au délégué interministériel à la Sécurité routière appelle les Français à ne pas céder à une forme de relâchement au volant.

Un gendarme contrôle un automobiliste, le 7 mai 2020, sur une route de Bourg-en-Bresse (Ain).
Un gendarme contrôle un automobiliste, le 7 mai 2020, sur une route de Bourg-en-Bresse (Ain). (NICOLAS LIPONNE / HANS LUCAS)

Les Français ont repris la route... et quelques mauvaises habitudes. Trois semaines après le déconfinement, la Sécurité routière dit s'inquiéter des "premiers chiffres alarmants" qui se traduisent par une hausse des accidents mortels et par un bond de 15% des grands excès de vitesse.

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Une campagne appelant à la prudence lors du déconfinement avait été lancée début mai. "Hélas, nos craintes semblaient fondées puisque les premiers chiffres remontant du terrain sont assez alarmants en termes de mortalité", déclare l'adjoint au délégué interministériel à la Sécurité routière, dans une interview au Parisien, samedi 30 mai. Lors du pont de l'Ascension, "il y a eu beaucoup d'accidents meurtriers et le nombre de morts a été plus important que l'an dernier à la même époque", rapporte David Julliard.

Des excès de vitesse en hausse

Si cette surmortalité peut en partie s'expliquer par "la météo", car "les beaux jours se traduisent souvent par un surcroît d'accidents graves", David Julliard s'alarme également d'un "accroissement des comportements à risque". "Entre le 11 et le 27 mai, nous avons relevé 2 421 grands excès de vitesse, supérieurs à 50 km/h au-dessus de la limitation, explique-t-il. C'est 321 de plus qu'en 2019 sur la même période, soit une hausse de près de 15 %, ce qui est énorme."

"On nous a aussi signalé une recrudescence des franchissements de feux rouges, ajoute-t-il. Cela confirme une forme de relâchement ou de désinhibition des comportements au volant de la part d'une minorité de conducteurs."

Le confinement mis en place pour lutter contre l'épidémie de nouveau coronavirus avait provoqué une baisse historique du nombre de morts en avril, avec 55,8% de personnes tuées en moins par rapport à la même période l'an dernier. Mais la Sécurité routière s'était déjà alarmée d'une recrudescence des grands excès de vitesse pendant cette période.