Déconfinement à Bordeaux : "Les gens se réveillent avec un goût amer dans la bouche", raconte le maire Nicolas Florian

Le maire LR de Bordeaux promet que d'ici vendredi, "quasiment 100% des habitants" auront reçu leur masque. 

Des piétons marchent sur les bords de la Garonne au premier jour du déconfinement, lundi 11 mai, à Bordeaux. 
Des piétons marchent sur les bords de la Garonne au premier jour du déconfinement, lundi 11 mai, à Bordeaux.  (NICOLAS TUCAT / AFP)

Pour le premier jour du déconfinement, "on n'a pas une ville de Bordeaux gaie comme d'habitude", observe Nicolas Florian, le maire Les Républicains de la ville, invité lundi 11 mai sur franceinfo. "Les gens se réveillent avec un goût amer dans la bouche après deux mois de confinement", déclare l'élu pour qui le déconfinement dans sa ville semble se dérouler sans encombre, tant au niveau des transports publics que du respect des gestes barrières. Quant aux masques pour se protéger du coronavirus, Nicolas Florian le promet : d'ici vendredi, "il y aura quasiment 100% des habitants qui auront reçu leur masque".

franceinfo : Comment s'est déroulée cette première journée de déconfinement à Bordeaux ?
 
Nicolas Florian : Les choses se passent bien. Même s'il faut dire que tout le week-end, Bordeaux a connu un épisode pluvieux et que le département de la Gironde était en vigilance rouge pluie-inondation la nuit dernière. Cela n'a pas incité les Bordelaises et Bordelais à sortir mais on sent quand même une certaine réticence chez les habitants. Il y a un peu moins de 20% de fréquentation des transports en commun. S'il a nettement augmenté, le trafic automobile tant redouté est en deçà des jours les plus calmes en période normale. Les commerces rouvrent petit à petit. On a donc l'impression que les gens se réveillent avec un goût amer dans la bouche après deux mois de confinement et qu'on est pris entre deux sentiments : l'aspiration à retrouver la ville et puis ce besoin de sécurité en restant chez soi. On n'a pas une ville de Bordeaux gaie comme d'habitude. Les gens sont contents d'avoir accès à l'espace public mais depuis ce matin on sent un peu d'inquiétude. Les gens respectent la distanciation, les gestes barrières mais on sent qu'ils sont un peu empruntés. Par ailleurs, j'ai pu visiter un centre de tests Covid-19 situé au centre-ville. Et sur une capacité de 400 à 500 tests par journée, seule une cinquantaine de personne s'y est rendue.
 
Qu'en est-il de la distribution des masques à Bordeaux ?
 
Il y a eu des envois par La Poste, dans les boîtes aux lettres, dès le 5 mai. Au moment où je vous parle, près de 190 000 masques ont été adressés, pour une population de 250 000 habitants. Et nous prévoyons que d'ici vendredi, l'ensemble des habitants pourra disposer d'un masque. Ceux qui n'auraient pas reçu le leur par courrier peuvent appeler un numéro vert ou se rendre sur une plateforme numérique pour se signaler. Les mairies de quartier ont pu rouvrir ce 11 mai, les gens pourront y venir retirer les masques. Ce sont des masques lavables, réutilisables 20 fois. C'est une première dotation. On aura encore des stocks qui vont être livrés d'ici la fin de la semaine et on verra par ordre de priorité d'usage s'il y aura besoin d'une seconde dotation pour les habitants. Mais à la fin de la semaine, je le répète, il y aura quasiment 100% des habitants qui auront reçu leur masque. Mais cela fait déjà quelques jours que dans l'espace public les gens ont anticipé et portent le masque.
 
Comment va se passer le retour à l'école à Bordeaux ?
 
Nous ouvrirons 105 écoles sur 107 ce mardi. Les réponses que nous avons des parents d'élèves sont assez inégales, entre celles et ceux qui souhaitent amener leurs enfants et celles et ceux qui se donnent un petit peu de temps. D'après leurs déclarations, environ 50% des enfants vont retourner à l'école demain. Mais je dirais que du côté des parents d'élèves, un tiers nous dit "oui on a besoin de mettre nos enfants à l'école", un autre tiers "pourquoi pas, mais on verra" et enfin un dernier tiers pour qui c'est un non définitif, en tout cas pour les semaines qui viennent. La première semaine de retour à l'école concerne trois classes d'âge. Les vraies difficultés vont arriver après le 25 mai, où toutes les classes sont censées rouvrir. C'est pour ça qu'on met en place, avec le rectorat et l'inspection académique, un dispositif d'accueil parascolaire après le 25 mai. Mais on ne pourra pas répondre à toutes les demandes, vu les contraintes du nombre d'élèves par classe.