Covid-19 : que se passe-t-il en Lozère, où le nombre de cas explose ?

La Lozère est actuellement le département de France métropolitaine où le taux d'incidence est le plus élevé. Selon le responsable de l'ARS, "il va nous falloir encore quelques jours pour analyser les causes de cette flambée épidémique".

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La Lozère enregistre une couverture vaccinale légèrement plus faible que dans le reste de la France, avec 70,3% des habitants pleinement vaccinés contre 73,1% au niveau national.  (QUENTIN FALCO / HANS LUCAS / AFP)

Des chiffres qui inquiètent. Le département de la Lozère connaît une recrudescence de l'épidémie de Covid-19, avec 106 nouvelles contaminations pour 100 000 habitants enregistré le 9 octobre et une hausse de 110,81% du nombre de cas en une semaine. Une situation alarmante qui a poussé, lundi 11 octobre, la préfecture à rendre de nouveau le masque obligatoire pour les élèves d'école primaire âgés de plus de 6 ans. Le taux d'incidence semble néanmoins cesser de croître.

Les autorités locales ont effectivement décrit une situation sanitaire qui "se dégrade fortement depuis 15 jours", selon les mots de Mathieu Pardell, le directeur départemental de l'ARS, interrogé par France Bleu. "On a un taux d'incidence qui est deux fois le seuil d'alerte, ce qui commence à être préoccupant pour notre département."

Selon Santé publique France, dans la semaine du 4 au 10 octobre, on trouve les taux d'incidence les plus élevés chez les enfants de 0 à 9 ans et ceux âgés de 10 à 19 ans. Ils sont respectivement de 358 cas pour 100 000 habitants (en rouge dans le graphique ci-dessous) et de 151 pour 100 000 habitants (en orange)

Deux clusters repérés à l'école et au lycée

Ces chiffres font écho à deux clusters enregistrés dans l'ouest du département, le 4 octobre : l'un dans la commune de Marvejols, où 21 enfants de 0 à 10 ans et deux adultes ont été testés positifs au Covid-19 ; l'autre, moins important, dans un lycée de Saint-Chély-d'Apcher, rapporte France 3 Occitanie. "Les enfants ont propagé le virus au sein de la sphère familiale et de leur entourage proche", analyse Mathieu Pardell, cette fois-ci auprès de France 3. "Au regard de nos analyses épidémiologiques, cette augmentation se concentre particulièrement sur la communauté de communes du Gévaudan, dans le nord-ouest de la Lozère."

La catégorie des enfants et adolescents n'est pas la seule classe d'âge où le taux d'incidence est remonté ces derniers jours. Ainsi, les 40-49 ans sont particulièrement concernés, avec 170 nouveaux cas pour 100 000 habitants entre le 5 et le 11 octobre, contre 53 pour 100 000 habitants la semaine précédente. Sachant qu'au niveau national, le taux d'incidence des 40-49 ans est de 47 pour 100 000 habitants. "Il y a de quoi s'inquiéter, souligne Mathieu Pardell. On a une augmentation de plus de 500% du taux d'incidence pour les 45-65 ans qui n'est pas liée [aux clusters de Marvejols et de Saint-Chély-d'Apcher]."

Des indicateurs faussés par la faible population

"Il va nous falloir encore quelques jours pour analyser les causes de cette flambée épidémique", poursuit le directeur de l'ARS en Lozère, qui estime que ces forts taux d'incidence sont liés à "un relâchement des gestes barrières et une diffusion plus forte du virus". A noter aussi qu'en termes de couverture vaccinale, la Lozère se situe en dessous de la moyenne nationale. En tout, 71,9% des habitants du département ont reçu une première dose au 10 octobre, contre 75,2% au niveau national, selon la Sécurité sociale. Enfin, 70,3% des Lozériens ont un parcours vaccinal complet, contre 73,1% dans l'ensemble de la France.

Toutefois, il faut remettre ces chiffres en contexte. Le taux d'incidence est calculé pour 100 000 habitants, or la population lozérienne est moins importante, avec seulement 76 000 habitants. "Il y a eu deux clusters dans les établissements et ça monte très vite. Finalement, un taux de 100 représente entre 80 et 90 cas sur le département", nuance ainsi Mathieu Pardell. "On va dire que ces deux ou trois clusters ont fait augmenter le taux naturellement."

Autre point qui permet de relativiser la portée de ces données : le nombre d'hospitalisations, bien inférieur à celui des autres départements de la région. L'ARS Occitanie comptabilisait une seule hospitalisation due au Covid-19 le 12 octobre dernier dans tout le département. A titre de comparaison, en Ariège, le deuxième département le moins peuplé de la région, 19 personnes étaient hospitalisées le 12 octobre.

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