Covid-19 : pendant la première vague, "on a empêché les gens de faire leur deuil", regrette l'infectiologue Robert Sebbag

Publié
Durée de la vidéo : 2 min.
Covid-19 : 100 000 morts Dr Robert Sebbag
Article rédigé par
France Télévisions

Le bilan officiel de l'épidémie en France dépasse désormais les 100 000 morts, selon les chiffres de Santé publique France.

"Ce qui a été extrêmement mal ressenti, je l'avais vu pendant la première vague, c'est que les gens ne pouvaient pas faire leur deuil. On les a empêchés de faire leur deuil." Invité de franceinfo canal 27 jeudi 15 avril, Robert Sebbag, infectiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, regrette les difficultés auxquelles les familles ont pu être confrontées depuis le début de la crise du Covid-19.

"Quelle que soit la culture dans le monde, il faut avoir vu le corps, parfois l'avoir touché. Et au début, on pensait que c'était comme Ebola, qu'il ne fallait pas toucher, qu'il y avait une contagiosité", déplore le médecin. "Il y a des gens qui n'étaient même pas certains que le corps qui était dans le cercueil était vraiment leur mère, leur père. (...) C'est une sorte de double peine."

Le bilan officiel en France a dépassé les 100 000 morts, selon les chiffres de Santé publique France publiés jeudi soir. "Bien sûr, ce chiffre de 100 000 morts est terrible. A côté de ça, vous avez des familles endeuillées. Donc ce sont plusieurs centaines de milliers de personnes qui ont souffert de cette maladie", se désole l'infectiologue. En franchissant cette barre symbolique la France rejoint les pays européens les plus endeuillés : le Royaume-Uni (127 000 morts) et l'Italie (115 000 morts). 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.