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Covid-19 : "On ne peut même pas voir s'il fait jour ou nuit", témoigne un Français enfermé en "camp de quarantaine" à Shanghai

À Shanghai (Chine), les personnes testées positives au Covid-19 sont envoyées dans des centres de quarantaine, où les conditions de vie sont très difficiles. Témoignage d’un Français qui vient de passer sept jours dans l’un de ces centres.

Article rédigé par franceinfo - Sébastien Berriot, édité par Clémentine Vergnaud
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le centre de quarantaine dans lequel Thomas, un Français de 28 ans, a passé sept jours à Shanghai (Chine).  (DOCUMENT FRANCEINFO)

Testé positif au Covid-19 la semaine du 4 avril à son domicile de Shanghai (Chine), Thomas, un Français âgé de 28 ans, a été emmené sans son consentement dans l’un des centres de quarantaine mis en place par les autorités chinoises pour tenter de juguler la reprise de l’épidémie. Il s'agit d'un immense centre de congrès qui a été reconverti en ce que Thomas appelle "un camp de quarantaine". Le professeur de sport raconte à franceinfo son expérience, qui a duré sept jours.

Dans ce centre, des centaines de lits en bois sur trois étages sont alignés. Certains sont positionnés côte à côte, d’autres sont séparés par de petites cloisons en plastique. Le centre de quarantaine où Thomas a été transporté est situé juste à côté de l’un des hôtels Hilton de la mégalopole chinoise mais le quotidien à l’intérieur n’a vraiment rien à voir avec celui de l’établissement de luxe. Les conditions de vie y sont éprouvantes.

Lumière et masque en permanence

Adultes, enfants et personnes âgées se mélangent dans ce centre. À cause de la lumière 24 heures sur 24, il est très difficile de trouver le sommeil. "Ce sont des projecteurs industriels allumés jour et nuit qui nous empêchent de dormir. C’est très dur à supporter", explique Thomas. Par ailleurs, il n'y a pas de fenêtre. "On ne peut même pas voir s'il fait jour ou nuit." Le masque est obligatoire en permanence, y compris pendant le sommeil.

"Les gens présents sont malades. Ils toussent et crachent dans leur poubelle toutes les trois ou quatre secondes. Cela me réveille toute la nuit. C’est pour moi le pire, le bruit des crachats. C’est vraiment répugnant."

Thomas, Français en quarantaine à Shanghai

à franceinfo

Les conditions d’hygiène sont également précaires. Sans douche à disposition pendant cinq jours, Thomas raconte qu’il s’est lavé au robinet avec une bassine. Il n'y a pas non plus de savon : le Français a dû se contenter de gel hydroalcoolique, notamment pour se laver les cheveux. Pour s'assurer un minimum d’intimité, c’est caché sous sa couverture qu’il changeait ses habits lavés à la main.

"Pas de grande différence" avec une prison

Thomas a vécu sept jours de stress, en pensant à son chat, laissé seul dans son appartement au moment de son évacuation. Dans une ville totalement confinée, personne n’était en mesure de venir dans la résidence pour s’occuper de son animal de compagnie. "C’est extrêmement dur, j’ai même pensé à m’échapper. Je me suis dit que je ne verrais pas une grande différence entre ça et la prison."

Le Français a malgré tout fini par se raisonner. "Il faut essayer de rester calme, surtout le matin, parce que tout le monde est tendu." Le Français a pu enfin sortir mardi 12 avril, après avoir été testé négatif à au moins trois reprises. Il a retrouvé son chat, heureusement en bonne santé.

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