Covid-19 : "On n'aura pas de redéploiement du personnel comme on l'a fait pendant la première vague", prévient l'infectiologue Gilles Pialoux

La situation actuelle "est plus compliquée que la première vague" assure le médecin.

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Radio France
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Dans une unité Covid à la clinique Saint-Jean de Montpellier le 19 ocotbre 2020. (GUILLAUME BONNEFONT / MAXPPP)

"On n'aura pas de redéploiement du personnel comme on l'a fait pendant la première vague, des infirmières venant du Grand Ouest ou de l'Aquitaine pour aider le Haut-Rhin, les Hauts de France, ou l'Île-de-France qui étaient les régions les plus touchées", déclare vendredi 23 octobre sur franceinfo Gilles Pialoux, infectiologue, chef de service à l'hôpital Tenon à Paris. Alors que le couvre-feu entre en vigueur vendredi soir dans 38 nouveaux départements, plus de 42 000 personnes ont été contaminées en France ces dernières 24 heures, ce qui constitue un record depuis la généralisation des tests.

Gilles Pialoux explique qu'"on aura beaucoup de mal à transférer des patients et récupérer du personnel parce que c'est une épidémie qui est beaucoup moins concentrée dans certaines régions que la première vague", autrement dit, il n'y aura plus vraiment de solution de repli comme au printemps dernier.

On a une extension nationale qui touche des villes absolument épargnées jusqu'à maintenant

Gilles Pialoux

à franceinfo

Et puis, note Gilles Pialoux, "on a une coexistence du Covid à l'intérieur de l'hôpital avec les pathologies hivernales qui arrivent et qui va rendre très compliquée la gestion au sein de l'hôpital public", alors que quatre patients hospitalisés ont été transférés ce vendredi de Saint-Étienne vers Bordeaux.

Par ailleurs, le chef de service à l'hôpital Tenon à Paris relève que "le privé joue déjà un rôle", et rapporte qu'en Île-de-France, "on est à 64% d'occupation de la réanimation par des malades Covid, mais 25% des malades en réanimation en Île-de-France sont dans des structures privées". L'infectiologue insiste et salue le fait que ces structures privées n'aient "pas attendu l'injonction des Agences Régionales de Santé (ARS) pour nous relayer, et ça c'est très important".

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