Covid-19 : les masques bloquent 99,9% des grosses gouttelettes à risque, selon une étude

Les grosses gouttelettes respiratoires de type postillons, qui agissent comme des projectiles avant d'être attirées vers le sol par gravité, seraient le principal moteur de la transmission du SRAS-CoV-2.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un homme et une femme portant un masque et se promenant dans la ville de Chekhov, à 70 km de Moscou, en Russie, le 21 décembre 2020. (YURI KADOBNOV / AFP)

Portez un masque. Ce mot d'ordre est répété par les autorités pour enrayer la propagation de la pandémie de Covid-19. Une étude publiée mercredi 23 décembre dans la revue Royal Society Open Science (en anglais) assure que les masques faciaux réduisent jusqu'à 99,9% le risque de propager de grosses gouttelettes liées au virus lorsque l'on parle ou tousse.

Pour le démontrer, la revue a réalisé une expérience : une femme debout à deux mètres d'un homme qui tousse sans masque sera exposée à 10 000 fois plus de gouttelettes de ce type que s'il portait un masque, rapportent les scientifiques auteurs de l'étude. "Il ne fait aucun doute que les masques faciaux peuvent réduire considérablement la dispersion des gouttelettes potentiellement chargées de virus", confirme à l'AFP l'auteur principal Ignazio Maria Viola, expert en dynamique des fluides appliquée à la School of Engineering de l'Université d'Édimbourg.

400 000 morts de moins grâce au masque

Les petites gouttelettes plus fines, qui forment des aérosols, peuvent rester en suspension dans l'air pendant de plus longues périodes et représentent un risque surtout à l'intérieur dans des lieux mal aérés, sans courants d'air et particulièrement bondés. Dans ces cas, les personnes sans masques, ou celles qui le portent mal, en dessous du nez, sont plus exposées. "Nous expirons continuellement toute une gamme de gouttelettes, de la micro-échelle à l'échelle millimétrique", et "certaines gouttelettes tombent plus vite que d'autres en fonction de la température, de l'humidité et surtout de la vitesse du courant d'air", relève le chercheur.

L'étude s'est concentrée sur des particules de plus de 170 microns de diamètre - environ deux à quatre fois la largeur d'un cheveu humain. Les particules d'aérosol, qui ont tendance à suivre les courants d'air, sont généralement décrites comme inférieures à 20 ou 30 microns.

"Dans notre étude, pour les plus grosses gouttelettes que nous mesurons, nous parlons de 99,9% de réduction."

Ignazio Maria Viola, expert

à l'AFP

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment mis à jour ses directives sur les masques pour recommander qu'ils soient portés à l'intérieur en présence d'autres personnes si la ventilation est insuffisante. Le port de masque universel réduirait le nombre de morts dans le monde de 400 000 d'ici au 1er avril, selon l'Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) de Seattle, Washington.

"Les masques en tissu bloquent non seulement efficacement la plupart des grosses gouttelettes (de 20-30 microns ou plus) mais ils peuvent également bloquer l'expiration des fines gouttelettes et particules, souvent désignées comme aérosols", selon le CDC (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies) américain.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.