Covid-19 : les établissements thermaux, "intermédiaires entre l'hôpital et la médecine de ville", peinent à retrouver leur clientèle

Alors que le salon Thermalies ouvre ses portes, le secteur accuse une baisse de fréquentation de 43,5% par rapport à 2019. La situation est "excessivement difficile", confirme le président du Conseil national des établissements thermaux.

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Radio France
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Sur quatorze mois d'activité, les établissements thermaux ont connu "neuf mois et demi de fermeture" à cause du Covid (illustration). (JULIE SENIURA / RADIO FRANCE)

Thierry Dubois, président du Conseil national des établissements thermaux, a indiqué jeudi 20 janvier sur franceinfo que la situation économique du secteur était "excessivement difficile". Depuis le début de la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19, les curistes ont déserté les établissements thermaux. "En 2020, il y en a eu 195 000. En 2021, d’après les chiffres qui sont tombés hier soir, 326 000". Cela représente une baisse de 43,5% par rapport aux 581 000 curistes de 2019, dernière année avant l'arrivée du Covid-19. Le secteur compte sur l’ouverture du salon Les Thermalies jeudi pour relancer une activité qui fait vivre de nombreux territoires.

franceinfo : Quelle est la situation des centres thermaux ?

Thierry Dubois : En 2020-2021, sur quatorze mois d'activité, c’est neuf mois et demi de fermeture. Dans ces conditions, l'économie de notre branche a été excessivement difficile.

Combien de curistes avez-vous compté en 2020 et 2021 ?

En 2020, il y en a eu 195 000. En 2021, d’après les chiffres qui sont tombés hier soir, 326 000. On sent que les curistes ont besoin de revenir. Faire leur cure, mais la sixième vague les inquiète un peu. On trouve que le niveau de réservations n'est pas encore au niveau à dates équivalentes. Janvier 2022 n'est pas au niveau d'il y a deux ans et c'est vrai que cela nous inquiète. Nous fondons beaucoup d'espoir sur ce salon pour que nos futurs curistes reprennent contact avec nos centres thermaux.

Comment expliquez-vous la frilosité de votre clientèle ?

Le problème, c'est de savoir si les établissements thermaux ne vont pas avoir à nouveau une nouvelle fermeture administrative. Personnellement, je n'y crois pas, pour une seule raison, c'est que le niveau de vaccination est très important parmi nos curistes et notre personnel. La protection par rapport à des formes graves de Covid-19 est très élevée. Deuxièmement, on a mis en place dès la réouverture en 2020, un programme de prévention sanitaire excessivement strict qui a permis qu'il n'y ait aucun cluster depuis la réouverture de nos établissements. Maintenant, il faut que les curistes, petit à petit, reprennent confiance. Je crois qu'il faut que les Français prennent l'habitude de vivre avec ce nouveau virus qui, d'après les médecins, serait en train de peut-être de se banaliser.

Le gouvernement doit-il encore vous soutenir financièrement ?

On a été très bien soutenus par le gouvernement. Je ne manque jamais l'occasion de remercier le gouvernement parce que je pense que sur les 113 établissements thermaux, si on n'avait pas eu ces aides, je ne sais pas combien seraient encore ouverts aujourd'hui. Il est évident qu'il faut que les aides se poursuivent, mais à un niveau beaucoup moins élevé parce qu’heureusement, l'activité reprend progressivement, même si elle n'est pas au niveau de 2019. Ce qui est le plus important pour nous, c’est la poursuite du chômage partiel.

Pouvez-vous accueillir des patients souffrant de Covid-19 long ?

Nous sommes en négociation avec le ministère de la Santé. L’établissement thermal est vraiment un intermédiaire entre l'hôpital et la médecine de ville.

"Nous savons faire pour un certain nombre de Français qui ont souffert du Covid-19 long. Ceux qui ont des séquelles 12 semaines après avoir contracté la maladie, une fatigue chronique, une gêne ou une insuffisance respiratoire, un brouillard cérébral, des confusions, des troubles digestifs, des troubles psychologiques."

Thierry Dubois, président du Conseil national des établissements thermaux

à franceinfo

On met en place des programmes au niveau de l'aide à la prise en charge par des kinés du réentraînement à la respiration, réentraînement à l'effort et des ateliers de rééducation pour les pertes de goût, de l’odorat, des entretiens avec des psychologues pour ceux qui souffrent de problèmes psychiques liés à cette pathologie. Et il y a actuellement une vingtaine d'établissements thermaux qui offrent pour la saison 2022 ces programmes qui, malheureusement, ne sont pas pris en charge par l'assurance maladie.

>> Cure thermale spéciale pour les "Covid longs" : "On est venu pour apaiser les douleurs"

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