Covid-19 : "Les dommages collatéraux peuvent être très importants lorsqu'il y a des déprogrammations d'opérations"

Alors que les déprogrammations d'opérations se multiplient en France en raison de la nécessité de prendre en charge des patients Covid, le Dr Jean-Pierre Thierry, conseiller médical de France Assos Santé, alerte sur la dégradation de la qualité de vie et de la santé des personnes concernées.

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Radio France
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Une salle d'opération, le 16 mai 2020 (illustration). (OLAFUR STEINAR GESTSSON / RITZAU SCANPIX)

"Les dommages collatéraux peuvent être très importants", lorsqu'il y a des déprogrammations d'opérations, déclare jeudi 25 mars sur franceinfo le Dr Jean-Pierre Thierry, conseiller médical de France Assos Santé. En raison de la nécessité de prendre en charge des patients atteint du coronavirus Covid-19, les déprogrammations d'opérations se multiplient en France.

franceinfo : Il y a beaucoup de gens touchés par ces déprogrammations ?

Dr Jean-Pierre Thierry : On déprogramme parce qu'il y a une obligation de traiter des cas graves, urgents, et donc on réaffecte des moyens. En général, ces moyens servent à l'anesthésie, à la chirurgie, aux opérations et donc ont déprogramme principalement des opérations chirurgicales mais pas seulement. Il y a aussi des patients qui doivent nécessiter des interventions lourdes, par exemple, ils peuvent avoir des facteurs de risque. Donc, on sait aussi que s'ils attrapent le Covid, qui circule malheureusement dans les hôpitaux malgré les efforts des soignants, ils risquent leur vie.

Mais il n'y a pas que les opérations vitales, il y a des déprogrammations très handicapantes aussi pour certaines personnes ?

Vous avez raison, il y a aussi des chirurgies qui étaient programmées. Ce qu'on cite très souvent, c'est par exemple, le report des remplacements de la hanche par des prothèses de hanche. Donc, si on reporte trop longtemps ce type d'intervention, que ce soit pour la prothèse de la hanche ou d'autres prothèses, la qualité de vie des personnes et même leur santé tout court vont être dégradées assez rapidement. Les dommages collatéraux peuvent être très importants.

C'est au médecin traitant d'être là ? D'accompagner encore plus que d'habitude ?

On est dans l'urgence du Covid avec des chiffres effectivement effrayants. La déprogrammation et ses conséquences, c'est un peu l'angle mort, si vous voulez. Cela me permet de passer un message, parce que sur les réseaux sociaux, on voit des gens qui disent "Il suffirait d'augmenter les capacités en réanimation." Non, en fin de compte, il faut d'abord prévenir l'arrivée des patients dans les réanimation et il y a des outils de prévention qui marchent malheureusement, qui vont demander un effort. Et puis derrière, il faut réfléchir à un système d'accompagnement qui n'a pas été mis en place pour la première vague qui devrait être mis en place et réfléchi par les établissements.

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