Covid-19 : les autotests sont "un moyen de réduire la pression épidémique', estime le professeur Philippe Amouyel

La vente en pharmacie des autotests démarre lundi 12 avril. Le professeur de santé publique au CHU de Lille Philippe Amouyel y voit un bon moyen de dépister les personnes asymptomatiques. 

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Radio France
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Des autotests de ce type doivent être vendus en pharmacie dès lundi 12 avril. (BEN STANSALL / AFP)

Les autotests de dépistage du Covid-19, dont la vente en pharmacie va débuter lundi 12 avril, sont "un moyen de réduire la pression épidémique" liée au Covid-19, estime Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille, dimanche sur franceinfo. L'épidémiologiste juge par ailleurs que l'allongement du délai entre les deux doses des vaccins Pfizer et Moderna (de 28 à 42 jours), à partir du 14 avril, est "une bonne initiative".

franceinfo : Que pensez-vous des autotests qui arrivent à partir de demain en pharmacie ?

Philippe Amouyel : C'est un moyen de réduire la pression épidémique. On atteint aujourd'hui des niveaux de contamination extrêment élévés, de l'ordre de 40 000 par jour. Par comparaison, en décembre nous devions atteindre les 5 000 contaminations par jour.

"Il est nécessaire d'identifier tous les individus qui sont porteurs mais qui ne le savent pas, à commencer par les enfants surtout si les écoles rouvrent prochainement."

Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille

à franceinfo

Certes, ces autotests sont moins fiables que les PCR mais ils seront utilisés pour faire du dépistage et non du test. Ce sont deux choses différentes. Lorsque vous avez des symptômes et que vous vous demandez vraiment si vous êtes contaminé, il faut absolument aller faire un test PCR. Cependant, on estime qu'il existe environ le double des personnes testées positives qui sont infectées et asymptomatiques.  Dans le cadre d'un dépistage à l'école, ce sera bien utile, et encore plus si ça peut être généralisé à toute la population.

Le ministre de la Santé Olivier Véran annonce dans le JDD l'allongement du délai entre les deux doses des vaccins Pfizer et Moderna. La France s'approche-t-elle ainsi de la stratégie déployée en Grande-Bretagne ?

Effectivement, et je crois que c'est une bonne initiative. Au départ, on disait qu'il fallait respecter l'espacement de 28 jours entre les deux doses et c'était normal parce que nous n'avions pas de recul sur la vaccination au sérum Pfizer. On s'est aperçu par la suite que le Royaume-Uni a pu se sortir de sa crise sanitaire en vaccinant massivement sa population avec la première dose. Il faut bien comprendre que cela protège chacun du risque de faire une forme grave, mais cela ne diminue pas le nombre de transmission. Pour cela, il faut avoir reçu les deux doses.

On sait que les personnes atteintes de formes graves du coronavirus sont de plus en plus jeunes. Les 55-65 ans représentent-ils une part importante des malades aujourd'hui en réanimation ?

Oui. Il y a eu un rajeunissement de l'âge d'entrée en réanimation de l'ordre de cinq à six ans, avec une gravité plus importante des cas qui ne semble pas nécessairement liée à des facteurs de risques (maladies chroniques, obésité...). C'est pour cette raison que la vaccination est ouverte aujourd'hui aux plus de 55 ans. On pourrait bien sûr se dire qu'il faudrait ouvrir encore plus largement, au plus de 45 ans par exemple, mais on rencontrerait alors un problème de nombre de doses.

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