Covid-19 : la production de masques "a explosé", témoigne un directeur d'usine

"Ça a commencé le 21 janvier. On a eu beaucoup de demandes de gens qui sentaient venir les prémices d'un problème, et à partir de ce moment-là, ça a commencé à être la folie", témoigne sur franceinfo le directeur d'une usine qui fabrique des masques de protection.

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Radio France
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Un homme porte un masque par précaution. Photo d'illustration. (MAXPPP)

La production de masques "a explosé", témoigne jeudi 27 février sur franceinfo, Nicolas Brillat, directeur de l’usine Valmy de Mably (Loire). Le ministère a décidé de déstocker ce mercredi 15 millions de masques chirurgicaux qui seront distribués aux médecins généralistes et dans les 138 établissements du territoire destinés à accueillir d'éventuels malades du coronavirus Covid-19. Ils recevront plus tard des masques plus sophistiqués, des masques FFP2. Le ministère de la Santé en a commandé plusieurs dizaines de millions aux fabricants.

Comment se sont passées ces dernières semaines dans l'usine ?

Nicolas Brillat : La production a explosé. Il a fallu remonter toutes les machines disponibles, reformer et recruter énormément de personnel, puisqu'on a multiplié toutes les équipes par deux. On est ouvert aujourd'hui sur une amplitude horaire de 130 heures par semaine et toutes les demandes ont été envoyées à la Direccte (Direction régionale des Entreprises) pour travailler le dimanche. Ça a commencé le 21 janvier. On a eu beaucoup de demandes de gens qui avaient déjà vécu l'épisode de la grippe, qui sentaient venir les prémices d'un problème, notamment avec le Nouvel An chinois, et à partir de ce moment-là, ça a commencé à être la folie.

Il y a des masques plus simples et les masques FFP2 et FFP3. Quelle est la différence ?

Vous avez deux grandes familles de masques. Vous avez la famille des masques de chirurgiens, les masques chirurgicaux. Ils vont protéger l'environnement de tout ce que vous pouvez lui envoyer : les postillons, les éternuements, ce genre de choses. Et vous avez les masques dits FFP [filtering facepiece particles], qui eux sont des masques de protection avec une filtration qui vous protègent vous, de votre environnement. Donc si vous êtes malades ou que vous pensez pouvoir l'être, il faut mettre un masque chirurgical pour ne pas contaminer les autres. Si vous êtes dans un environnement qui peut vous amener à être malade, si vous êtes une infirmière qui prodigue des soins dans l'hôpital référent il vous faut un masque FFP2 ou FFP3.

Vous pourrez continuer encore à en produire pendant des mois ?

Oui, on fait tout ce que l'on peut. Restera à un moment donné la problématique de l'approvisionnement en fonction de ce qu'il se passe. Parce que les sources de fabrication sont limitées. Les machines qui fabriquent les matières filtrantes que l'on utilise sont des investissements colossaux qui sont très longs à mettre en place. L'offre mondiale en matières filtrantes ne va pas augmenter de manière exponentielle dès le mois prochain (…) Il y a une franche partie de l'offre mondiale qui vient de Chine, donc c'est aussi pour cela que le marché a été très difficile ces dernières semaines. Et sinon on a des fabricants un peu partout, il y en a quelques-uns en France ou aux États-Unis.

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