Covid-19 : l'OMS estime que plusieurs pays européens, dont la France, ont levé trop "brutalement" leurs mesures

"Les pays où nous observons une hausse particulière sont le Royaume-Uni, l'Irlande, la Grèce, Chypre, la France, l'Italie et l'Allemagne", a souligné le directeur de l'OMS Europe lors d'une conférence de presse mardi. "Ces pays ont levé les restrictions brutalement de 'trop' à 'pas assez'", a-t-il estimé. 

Un marché à Hyères (Var), le 19 mars 2022. 
Un marché à Hyères (Var), le 19 mars 2022.  (MAGALI COHEN / HANS LUCAS / AFP)

L'Europe est-elle allée trop vite dans l'allègement des restrictions face à la pandémie de Covid-19 ? Plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni, ont levé trop "brutalement" leurs mesures et sont confrontés à une nette remontée des cas sous l'effet du sous-variant BA.2, déplore l'Organisation mondiale de la santé, mardi 22 mars. 

Le directeur de l'OMS en Europe, Hans Kluge, s'est dit "vigilant" sur la situation épidémique actuelle sur le continent, tout en affirmant rester "optimiste". Le nombre de cas de Covid-19 est à la hausse dans 18 des 53 pays de la zone de l'OMS Europe. "Les pays où nous observons une hausse particulière sont le Royaume-Uni, l'Irlande, la Grèce, Chypre, la France, l'Italie et l'Allemagne", a souligné Hans Kluge lors d'une conférence de presse en Moldavie. "Ces pays ont levé les restrictions brutalement de 'trop' à 'pas assez'", a-t-il estimé.

D'après l'OMS, le nombre de nouveaux cas en Europe avait nettement chuté après un pic fin janvier, mais il rebondit depuis début mars. Selon les épidémiologistes, ce rebond s'explique notamment par la prédominance du sous-variant d'Omicron BA.2, environ 30% plus contagieux mais pas plus dangereux que son prédécesseur. 

"Protéger les vulnérables"

Au cours des sept derniers jours, plus de 5,1 millions de nouveaux cas et 12 496 décès ont été enregistrés dans la zone OMS Europe. 

"Nous allons devoir vivre avec le Covid pendant encore un certain temps, mais cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas nous débarrasser de la pandémie", a déclaré Hans Kluge. Côté positif, "il y a un très grand capital d'immunuté (...) que ce soit grâce à la vaccination ou aux infections", a-t-il relevé. Ensuite, "l'hiver s'achève donc les gens vont moins se rassembler dans des petits espaces confinés".

Il s'agit donc, désormais, de s'attarder sur quatre priorités selon lui : "protéger les vulnérables", "renforcer la surveillance et le séquencage", "offrir l'accès de plus de pays aux nouveaux médicaments antiviraux" et "s'attaquer au fardeau du post-Covid ou du Covid long"