Covid-19 : "L'attitude la plus raisonnable, c'est de ne pas aller faire la fête", recommande le professeur Mahmoud Zureik

Selon le professeur en épidémiologie et santé publique à l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, la probabilité de se trouver avec une personne positive avec le taux actuel de contamination est de plus de 90% dans un restaurant avec une centaine de personnes à Paris.

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Une famille lors des fêtes de fin d'années le 29 décembre 2021, à Chasne-sur-Illet, en Ille-et-Vilaine. (VINCENT MICHEL / OUEST-FRANCE / MAXPPP)

"L'attitude la plus raisonnable, c'est de ne pas aller faire la fête, c'est de rester chez soi, en attendant des jours meilleurs pour bientôt", a affirmé jeudi 30 décembre sur franceinfo Mahmoud Zureik, professeur en épidémiologie et santé publique à l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et directeur d’Epi-Phare.

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Face au "tsunami" de contaminations au Covid-19 qui déferlent sur la France, le spécialiste a mis en garde les Français qui seraient tentés d'aller faire la fête quand même pour la Saint-Sylvestre. Dans un restaurant d'une centaine de personnes à Paris "la probabilité de se trouver avec une personne positive avec le taux actuel est de plus de 90%", a-t-il prévenu.

franceinfo : Les masques à l'extérieur à Paris à partir de vendredi, c'est une mesure utile ?

Pr Zureik : Avec la contagiosité très accrue du variant Omicron, effectivement, il peut y avoir des contaminations à l'extérieur, surtout en centre-ville, où il y a une densité populationnelle très importante. En plus, on fait souvent actuellement les courses, donc le mesure est un petit peu utile. Il faut garder à l'esprit quand même que l'immense majorité de contaminations se passe en huis clos et à l'intérieur. Donc, c'est une mesure complémentaire.

Demain, c'est le réveillon de la Saint-Sylvestre. Peut-on faire la fête sans risque ?

Avec le taux d'incidence actuel, avec le nombre de cas, 208 000 cas hier, 180 000 avant-hier, je pense que l'attitude la plus raisonnable, c'est de ne pas aller faire la fête et rester chez soi en attendant des jours meilleurs pour bientôt. Mais si on tient à faire la fête, il faut être juste conscient du risque pour prendre des précautions nécessaires. Si on fait la fête dans un restaurant d'une centaine de personnes à Paris, la probabilité de se trouver avec une personne positive, avec le taux actuel, est de plus de 90%. La probabilité de se retrouver avec deux personnes positives dans un rassemblement de cent personnes à Paris est de 70%. Passer des heures dans l'environnement de ces personnes dans des lieux clos, souvent mal ventilés, ne fera qu'augmenter considérablement le risque d'être contaminé.

Si on se fait tester avant la soirée, cela ne diminue pas le risque de contamination ?

Les tests diminuent clairement les risques. Les tests PCR en laboratoire, les tests antigéniques dans les pharmacies et les autotests qui sont dispensés en pharmacie et, depuis très peu de temps, dans les grandes surfaces. Donc, idéalement, on fait les tests, surtout PCR ou antigéniques, mais la capacité maximale actuelle en France des tests PCR antigéniques est de deux millions par jour. La demande pour les fêtes va probablement dépasser largement cette capacité. Dans ce cas-là, il faut mieux laisser les tests PCR antigéniques aux personnes symptomatiques, aux personnes cas contacts et se diriger vers les autres tests malgré leur manque de sensibilité.

Quand on est négatif, on n'est pas sûr qu'on est négatif. Mais si tout le monde se teste et que tout le monde est négatif, on réduit beaucoup le risque sans l'éliminer. L'agence fédérale américaine, l'équivalent de l'Agence nationale de sécurité du médicament, a mentionné un manque de sensibilité pour les tests antigéniques avec l'Omicron. On peut être négatif malgré qu'on soit porteur de virus. Quand on est négatif, il faut se comporter comme si c'était une réduction du risque, mais pas un diagnostic fiable à 100%.

Est-ce que faire la fête entre cas positifs est une bonne idée ?

Ce n'est pas une bonne idée pour quatre raisons. Quand on est positif, il faut s'isoler pour ne pas contaminer les autres. Avant de se retrouver, il faut prendre les transports en commun, il faut faire éventuellement des courses, donc il y a un risque de contaminer les autres. Deuxièmement, il peut y avoir plusieurs variants. Le variant Delta qui est toujours là, le variant Omicron qui est toujours là. On ne sait pas si on risque d'être contaminé par les deux variants. C'est un risque. La troisième, c'est la charge virale. Enfin la quatrième raison : si on danse, si on crie en étant positif, si on boit de l'alcool, on risque de précipiter des symptômes et d'aggraver des symptômes qui existent.

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