Covid-19 : durant la première vague, le nombre de cas était lié "aux températures basses et des taux d'humidité assez importants", selon une étude de Météo France

La filiale risque de Météo France, Predict Service, a mené une étude sur le rôle des conditions météo dans la propagation du coronavirus.

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Radio France
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Dans une rue d'Amiens, le 13 décembre. Photo d'illustration. (FRED HASLIN / MAXPPP)

"C'est lors des températures assez basses et des taux d'humidité assez importants que les cas de Covid étaient les plus importants", lors de la première vague, a expliqué dimanche 20 décembre sur franceinfo Alix Roumagnac, président de Predict Service (filiale risque de Météo France), qui a mené une étude sur le rôle des conditions météo dans la propagation du coronavirus. "Ce sont le Grand Est, l'Île-de-France et les Hauts-de-France, qui étaient les plus impactés", a-t-il souligné.

franceinfo : Qu'est-ce qui vous a incité à mener cette étude sur l'influence des conditions météo qui favoriseraient la propagation du Covid-19 ?

Alix Roumagnac : Une étude du MIT [Massachussets Institute of Technology] avait démontré que températures et humidité pouvaient avoir une influence dans la propagation du Covid-19 et donc depuis plus de neuf mois, nous avons essayé d'établir cette relation potentielle. On a mis en place un index qui intègre températures et humidité et nous essayons de corréler cet index avec le nombre de cas de Covid-19. Ce que l'on a observé, c'est lors des températures assez basses et des taux d'humidité assez importants, entre -2° et -3° C ou entre 66% et 90% d'humidité que les cas de Covid étaient les plus importants. On a fait cela sur la première vague et ce sont le Grand Est, en Ile-de-France, les Hauts-de-France, qui étaient les plus impactés.

Quand on est à l'extérieur, l'air ne suffit pas toujours à chasser les gouttelettes pleines de virus que nous projetons ?

Le principe qui a été mis au point par le MIT indique que les petites gouttelettes, les postillons qui sont chargés de virus, quand ils sont à l'extérieur du corps humain quand on tousse, ou éternue, sont soumis aux conditions hygrométriques. Quand il fait très froid, ces postillons ne peuvent pas rester en suspension, quand il fait trop chaud et sec, ils s'évaporent. Il y a un domaine intermédiaire dans lequel ces postillons vont rester en suspension et quand c'est le cas, ces gouttelettes et ces postillons peuvent être des facteurs aggravants à la transmission du Covid et c'est ce qui semble être mis en évidence par ces premières comparaisons.

Vous avez donc alerté les autorités sanitaires ?

Il nous semblait important de mettre à disposition des responsables sanitaires ces informations pour que la preuve puisse être faite pour mesurer la robustesse de ces éléments, de manière à pouvoir, si c'était vrai, les intégrer dans une politique de pilotage. C'est un travail qui a commencé avec l'institut Pasteur où on va intégrer ces éléments prédicteurs dans les différents modèles, car ce sont des éléments qui peuvent aider à combattre cette pandémie.

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