Covid-19 : ce que l'on sait et ce que l'on ignore encore sur les tests PCR exigés aux voyageurs européens dès dimanche en France

Cette obligation de dépistage s'appliquera "hors voyages essentiels", a indiqué l'Elysée. "Les travailleurs frontaliers et le transport terrestre seront en particulier exemptés".

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Un hall d'embarquement de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, le 29 septembre 2020. (MAXPPP)

Face aux variants du Covid-19, la France se barricade davantage. Elle exigera, à partir de dimanche, un test PCR négatif pour la plupart des voyageurs européens voulant entrer sur son territoire, a annoncé jeudi 21 janvier le président Emmanuel Macron lors du Conseil européen.

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Cette mesure est en réalité complexe. Avant que certains points spécifiques soient clarifiés dans le décret d'application attendu samedi 23 janvier, franceinfo résume ce que l'on sait et ce qu'on ignore encore à son sujet.

Ce que l'on sait

Une mesure déjà appliquée pour les voyageurs hors-UE. Paris a donc décidé d'étendre aux ressortissants des pays de l'Union européenne une mesure présentée le 14 janvier par Jean Castex et entrée en vigueur depuis le lundi 18 janvier pour les voyageurs arrivant d'un pays extérieur à l'espace européen. Une notion plus large que l'espace Schengen et que le ministère des Affaires étrangères définit comme comprenant l'Union européenne, Andorre, l'Islande, le Liechtenstein, Monaco, la Norvège, Saint-Marin, le Saint-Siège et la Suisse.

Un dépistage PCR récent exigé. Comme cela est donc déjà le cas pour les voyageurs hors-UE, les ressortissants de l'espace européen devront présenter "le résultat d'un examen biologique de dépistage virologique (RT-PCR) ne concluant pas à une contamination par le Covid-19 réalisé moins de 72 heures" avant l'arrivée en France.

Des contrôles réservés aux voyageurs arrivant par les airs et la mer. Contacté par France Télévisions, le secrétariat d'Etat aux Affaires européennes indique que cette mesure ne s'appliquera qu'aux voyageurs européens qui arrivent en France par voie maritime et aérienne.

Les travailleurs frontaliers, automobilistes et voyageurs en train exemptés. Cette obligation de dépistage s'appliquera "hors voyages essentiels", a indiqué l'Elysée, "les travailleurs frontaliers et le transport terrestre seront en particulier exemptés". Les automobilistes ne seront donc pas concernés par le renforcement des contrôles, d'après les informations de franceinfo. Tout comme ceux qui choisiront le rail, a priori. Contacté à ce sujet, le secrétariat d'Etat aux Affaires européennes indique que ce dernier point est encore en discussion et sera clarifié dans le décret d'application de la mesure attendu samedi 23 janvier.

Une mesure "coordonnée" avec plusieurs pays. Invité de la radio Europe 1 vendredi matin, le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes a indiqué que cette mesure avait été adoptée "en coordination avec [les] partenaires", citant notamment l'Allemagne et l'Italie. Des négociations ont lieu sur ce sujet depuis "le week-end dernier", a ajouté Clément Beaune, défendant une méthode qui permettrait selon lui d'éviter que des tensions diplomatiques émergent.

Ce que l'on ignore encore

Si une quarantaine sera à terme imposée. Depuis lundi, tout voyageur extérieur à l'espace Schengen doit présenter à l'embarquement de son vol une déclaration sur l'honneur dans laquelle il atteste "qu'il n'a pas de symptôme, qu'il n'a pas connaissance d'avoir été en contact avec un cas confirmé de Covid-19 dans les quatorze jours précédant le voyage, et qu'il s'engage sur l'honneur à s'isoler pendant sept jours une fois arrivé en France, puis à refaire un deuxième test de dépistage virologique (RT-PCR) à l'issue de cette période de sept jours". Cette obligation sera-t-elle également valable pour les voyageurs européens ? Interrogé à ce sujet sur Europe 1, le secrétaire d'Etat Clément Beaune a indiqué qu'une telle mesure n'était "pour le moment" pas prévue. Ce qui n'exclut pas qu'elle soit mise en place si la situation sanitaire se dégradait.

Comment les contrôles seront matériellement mis en place. L'Etat a-t-il la capacité de contrôler la validité des tests de tous les Européens arrivant sur le territoire national ? "Si cette mesure devait être appliquée de manière stricte, cela nécessiterait un déploiement de logistique très important", reconnaissait vendredi matin sur franceinfo Véronique Trillet-Lenoir, eurodéputée LREM, avant que l'exemption aux transports terrestres soit connue. Le gouvernement n'a pas encore détaillé dans quelle mesure le dispositif déjà en place pour les voyageurs hors-UE serait renforcé.

Ce qu'il se passera pour les voyageurs se présentant sans test. Comment les autorités réagiront-elles dans le cas où un voyageur européen ne peut pas présenter de test récent ? Actuellement, les ressortissants non-européens qui se trouvent dans cette situation doivent "solliciter au consulat une dispense de présentation de ce test au départ et se [voient] imposer un test à l'arrivée en France", indique le ministère des Affaires étrangères. Une fois dépistés, ils doivent rester à leurs frais "à l'isolement pendant sept jours dans un hôtel figurant sur une liste arrêtée par les autorités françaises". Les autorités n'ont pas encore précisé si les voyageurs européens seront logés à la même enseigne.

Si cette mesure sera efficace. C'est le gros point d'interrogation. D'après Le Point, seuls 1 435 voyageurs extra-européens arrivés sans résultat de test PCR ont pour l'instant été isolés d'office par arrêté préfectoral. Un nombre "très faible compte tenu des flux", selon un conseiller du ministère des Affaires étrangères cité par le magazine. Et de rappeler qu'au mois de décembre les aéroports parisiens d'Orly et de Roissy-Charles de Gaulle ont accueilli 1,7 million de passagers.

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