Covid-19 : ce que l'on sait du variant du coronavirus découvert en Afrique du Sud

Pour l'heure, les scientifiques pensent que ce variant sud-africain n'a pas de lien avec celui détecté au Royaume-Uni, mais qu'il partage une mutation similaire, à l'origine d'une transmission plus rapide.

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Un infirmier procède à un test salivaire pour détecter le coronavirus, à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 18 décembre 2020. (LUCA SOLA / AFP)

Les vacances d'été s'annoncent difficiles dans une Afrique du Sud confrontée à une seconde vague de Covid-19 particulièrement violente. Le pays est le plus touché du continent, avec 25 657 morts pour 954 258 cas positifs, selon les données publiées mercredi 23 décembre par le gouvernement sud-africain (en anglais). Dans la soirée, le ministre de la Santé sud-africain a annoncé plus de 14 000 nouveaux cas recensés en 24 heures, alors que ces chiffres oscillaient entre 8 000 et 10 000 nouvelles infections quotidiennes ces derniers jours.

Les experts sud-africains craignent que cette hausse soit liée à un nouveau variant du Sars-CoV-2 détecté dans le pays et "davantage transmissible". Franceinfo fait le point sur ce que l'on sait de cette variation.

Il se transmet plus rapidement

Ce variant du virus s'appelle pour l'instant "501.V2". Il a été identifié par des chercheurs sud-africains et signalé à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a annoncé le ministre de la Santé sud-africain, Zweli Mkhize, dans un communiqué publié vendredi 18 décembre. La principale mutation observée concerne la protéine qui entoure le virus. "Mi-novembre, le variant 501.V2 représentait 90% des génomes séquencés par les scientifiques sud-africains", relève Le Monde. "Nous n'avions jamais vu une seule lignée dominer ainsi" ni "se répandre aussi vite", s'est étonné le chercheur Tulio de Oliveira, directeur du laboratoire Krisp de l'université du KwaZulu-Natal, auprès de l'AFP.

Ce variant se transmet plus rapidement et touche des patients plus jeunes, sans facteurs de comorbidité, qui développent des formes graves de la maladie, relève l'AFP. Selon le ministre de la Santé sud-africain, c'est d'ailleurs ce qui pourrait expliquer la rapidité de transmission durant cette seconde vague qui secoue le pays. Les chiffres "indiquent que le virus continue de se répandre de manière exponentielle", de manière "beaucoup plus rapide que pendant la première vague", écrit le ministre de la Santé Zweli Mkhize. A tel point qu'il estime que le pic de la première vague sera dépassé "dans les prochains jours", et que le gouvernement devra "revoir les restrictions et envisager de nouvelles mesures pour ralentir ce taux alarmant" de propagation.

"Les cliniciens sur le terrain nous ont fait savoir qu'ils ont l'impression de voir plus de jeunes gens gravement malades. Nous essayons de comprendre si ce phénomène est lié au nouveau variant du virus ou simplement au fait que plus de jeunes gens sont infectés actuellement", témoigne le docteur Richard Lessells, du laboratoire Krisp.

Il est apparu récemment

L'équipe de chercheurs sud-africains a séquencé des centaines d'échantillons de tout le pays depuis le début de la pandémie en mars dernier, et "ils ont remarqué qu'un variant particulier domine les résultats de ces deux derniers mois", résume Zweli Mkhize.

Cette transformation est d'abord apparue dans la métropole de Nelson Mandela Bay avant de se propager, rapporte RFI. La BBC précise (en anglais) qu'elle a aussi été détectée dans la province du Cap-Oriental, dans le sud du pays, puis qu'elle s'est répandue au Cap-Occidental et au KwaZulu-Natal, les deux Etats qui entourent le Cap-Oriental. Quant au moment où ce variant 501.V2 a fait son apparition dans le pays, la correspondante de la BBC ne donne pas de date précise, mais évoque "plus tôt durant le mois de décembre".

Il est différent de celui détecté au Royaume-Uni

Pour l'instant, les scientifiques pensent que ce n'est pas le même variant que celui observé au Royaume-Uni, rapporte la BBC. Lors d'une conférence de presse à l'OMS lundi, l'épidémiologiste américaine Maria Van Kerkhove, responsable du dossier Covid-19 au sein de l'organisme, est allée dans le même sens. "Il y a encore un autre variant en Afrique du Sud. Il peut donner l'impression d'être le même que celui qui a été mis en évidence en Grande-Bretagne parce que ses mutations sont semblables, mais il est différent", a-t-elle assuré. L'équipe du professeur Tulio de Oliveira a partagé ses observations avec la communauté scientifique internationale afin d'éclaircir ce point.

>> L'article à lire pour tout comprendre au nouveau variant du coronavirus qui sévit au Royaume-Uni

Elle a également alerté le Royaume-Uni de l'identification de ce variant, ce qui a permis aux chercheurs britanniques "d'étudier leurs propres échantillons et de trouver une mutation similaire", qui "affecte la manière dont le virus s'attache aux cellules humaines", précise encore la BBC.

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