Covid-19 : "C'est le bon moment pour reprendre" l'école, assure un pédiatre infectiologue, malgré le variant anglais du virus

Alors que plusieurs pays d'Europe ont décalé la rentrée scolaire, les Français ont repris le chemin de l'école. "On a des chiffres qui ne sont pas encore rassurants, mais on est plutôt en plateau et en phase descendante, puis en plateau", explique le professeur Robert  Cohen.

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Les jeunes Français sont retournés à l'école (illustration). (VALENTIN HOUINATO / RADIOFRANCE)

Le professeur Robert Cohen, pédiatre infectiologue à l'hôpital intercommunal de Créteil et président du Conseil national de la pédiatrie, estime lundi 4 janvier sur franceinfo que c'est "le bon moment pour reprendre" l’école en France, car selon lui, "nous ne sommes pas dans la situation des Anglais" ou de l’Allemagne.

Plusieurs pays d’Europe ont décidé de reporter la rentrée scolaire. Pas en France. De plus, le choix a été fait de ne pas appliquer un nouveau protocole sanitaire malgré l’émergence du variant anglais du virus.

franceinfo : Est-ce une bonne idée de reprendre l’école ?

Robert Cohen : Pour moi, indiscutablement oui. C'est-à-dire que nous ne sommes pas dans la situation des Anglais, où l'épidémie est repartie avec une grande violence. Nous ne sommes pas en Allemagne, où l'épidémie était aussi repartie. Nous, on sort d'un confinement. On a des chiffres qui ne sont pas encore rassurants, mais on est plutôt en plateau et en phase descendante, puis en plateau. La vie sans école, on en connaît le lourd prix. Oui, il faut reprendre des écoles. Oui, c'est le bon moment pour reprendre les écoles.

Le variant britannique ne change-t-il pas la donne ? Vous en parlez avec vos homologues britanniques ?

Absolument. Nous sommes en contact avec eux. Il y a des choses qui circulent qui sont vraies et il y a des choses qui circulent qui sont fausses. Ce virus est plus transmissible chez l’adulte et chez l'enfant que n’était l’ancien. C'est une vérité. Il n'est pas plus pathogène. Même s'il ne rend pas plus malade, forcément, le nombre de malades augmente.

"On a vu passer des données disant que les hôpitaux pédiatriques anglais étaient pleins. C’est complètement faux."

Pr Robert Cohen, infectiologue et président du Conseil national de la pédiatrie

à franceinfo

La proportion d'enfants hospitalisés par rapport à nous est exactement la même. Donc, tout cela fait que oui, c'est inquiétant. Oui, c’est un point de vigilance. Mais il n'est pas du tout temps de fermer les écoles.

Ne faut-il pas changer de protocole sanitaire ?

Je ne crois pas que ce soit nécessaire de changer le protocole sanitaire. Ce qui est nécessaire, c'est de vérifier qu'il soit bien appliqué. Les quelques soucis qui nous restaient, c’était notamment autour des repas à la cantine. Là, il y a un vrai effort à faire. Respectons le protocole sanitaire. La deuxième chose qui me paraît extrêmement importante, c'est de renforcer la politique de tests. Ça, c'est la politique du ministère, des autorités de santé, qui peut décider dans une classe, dans un lycée, de prélever des enfants, des adolescents. Et puis, il y a la vigilance tous les jours des médecins généralistes et des pédiatres qui, devant un enfant malade, doivent tester souvent. Et si le test est positif, pouvoir mettre en place le dépistage pour savoir s'il s'agit d'un variant anglais ou pas d'un variant anglais. Ce qui est cohérent, c'est d'ouvrir, être vigilant, renforcer les mesures d'hygiène, multiplier les tests, dépister et adapter, à la circulation de ce virus, les mesures à l'école. Et rien, à mon avis, ne doit être fermé.

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