Coronavirus : un reconfinement "pas entendable", les Marseillais ne doivent pas être "sanctionnés inutilement", estime Samia Ghali

La deuxième adjointe à la mairie de Marseille ne veut pas entendre parler d'un blocage de la ville. La municipalité a misé sur le dépistage massif, cela explique, selon Samia Ghali, que près d'un Marseillais sur dix soit positif. Le reste du pays ne teste pas aussi massivement, dit-elle.

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Samia Ghali, adjointe à la mairie de Marseille, le 8 septembre 2020. (VALERIE VREL / MAXPPP)

Les Marseillais ne doivent pas être "sanctionnés inutilement", a estimé Samia Ghali, deuxième adjointe à la mairie de Marseille, lundi 14 septembre sur franceinfo, alors que le préfet des Bouches-du-Rhône doit annoncer des mesures "complémentaires", réclamées par le gouvernement, pour freiner l’épidémie de coronavirus et que le président (LR) de la région Sud Provence-Alpes-Côte-d'Azur (PACA) a réclamé, dimanche de "fermer les plages et les parcs à 20 heures" et "d'interdire les fêtes de mariage" à Marseille et dans sa région. Selon Samia Ghali, la maire de Marseille, Michèle Rubirola "a discuté avec le préfet tout le week-end" et il n’est plus question de reconfiner certains quartiers de la ville. "Bloquer la ville" n’est "pas entendable", a souligné Samia Ghali, qui plaide plutôt pour tester "massivement" la population.

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franceinfo : Le fait de laisser le dernier mot au préfet plutôt que d'imposer des mesures depuis Paris, c'est le bon choix qui a été fait ?

Samia Ghali : C’était la demande que faisaient les élus locaux, notamment la mairie de Marseille : qu’il y ait un débat, une discussion, un échange. Et à partir de là, que la décision soit prise de manière collégiale. On n'a jamais dit qu'il ne fallait pas qu'elle vienne de Paris, mais il ne fallait pas qu'elle soit seulement décidée par Paris. La maire de Marseille [Michèle Rubirola] a discuté avec le préfet tout le week-end. Elle a expliqué tout ce qu'elle avait mis en place pour pallier cette épidémie. Et de l'autre côté, je pense que le préfet a pu entendre, comprendre tous les efforts qui sont faits pour ne pas sanctionner les Marseillais inutilement.

Ce dialogue va-t-il permettre d'éviter le reconfinement de certains quartiers de Marseille ?

À l'heure où je vous parle, je crois qu'il ne s'agit plus de reconfinement, mais tout simplement de faire en sorte que l'épidémie soit maîtrisée et maîtrisable, plutôt que de se dire on va reconfiner et bloquer la ville, ce qui n’est pas entendable.

Aujourd'hui, le virus circule cinq fois plus à Marseille que dans le reste du pays, quasiment un Marseillais sur dix qui se fait tester est positif. Quelles sont les solutions sur la table ?

Je pense qu’ailleurs dans le pays, il n’y pas a un habitant sur dix qui se fait tester. C’est aussi ça : on teste massivement. On va même à l'intérieur de certains quartiers pour tester.

J'ai vu dans certaines villes, notamment dans le département de la Seine-Saint-Denis, des gens qui ne pouvaient même pas se faire se tester, même quand ils avaient des symptômes. 

Samia Ghali, deuxième adjointe à la mairie de Marseille

à franceinfo

L’objectif, c’est de faire en sorte que le maximum de Marseillais soient testés, et que chacun puisse prendre les mesures adéquates, en restant à la maison si on a été testé positif ou en attendant d'avoir les résultats, ou bien en continuant à vaquer à ses occupations si on n'est pas contaminé.

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