Coronavirus : "Tant qu'il n'y a pas 70% de la population qui est immunisée, il y a un risque que cela recommence", explique un professeur de santé publique

Il y aura peut-être un répit cet été avant une reprise de l'épidémie à l'automne ou à l'hiver, avance le professeur Antoine Flahaut de l'université de Genève, qui rappelle que le masque et le lavage des mains sont les meilleurs alliés pour éviter la transmission.

Des échantillons de coronavirus du laboratoire de microbiologie de l\'hôpital de Varèse, en Italie le 3 avril 2020 (illustration).
Des échantillons de coronavirus du laboratoire de microbiologie de l'hôpital de Varèse, en Italie le 3 avril 2020 (illustration). (MIGUEL MEDINA / AFP)

Le bilan de l'épidémie de Covid-19 dépasse désormais les 8 000 morts en France. Le rythme des décès et des hospitalisations en réanimation semble ralentir, mais il faut rester vigilant, répètent le gouvernement et les médecins. Le "déconfinement" n'est pas pour tout de suite. "Tant qu'il n'y a pas 70% de la population qui est immunisée contre le coronavirus, il y a un risque que cela recommence", a prévenu lundi 6 avril  sur franceinfo Antoine Flahault, professeur de santé publique à l'université de Genève. "Si on envisage le déconfinement tant qu'il persiste un risque préoccupant, il faut des mesures d'accompagnement", a-t-il expliqué.

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franceinfo : Que faut-il pour pouvoir lever le confinement ?

Antoine Flahault : Il faut pouvoir évaluer le risque de résurgence au moment du déconfinement, si déconfinement il y a. Ce risque est lié au fait que tant qu'il n'y a pas 70% de la population qui est immunisée contre le coronavirus, il y a un risque que cela recommence.

L'enquête de séroprévalence va doser les anticorps dans un échantillon représentatif de personnes. On va la conduire pendant huit semaines consécutives. Lorsqu'on pourra atteindre quelque chose qui ressemblera à 40% ou 50% de la population on pourra dire que le déconfinement peut se faire en toute sécurité.Antoine Flahaut, professeur de santé publiqueà franceinfo

À ce moment-là on pourra l'accompagner par une sorte de guide qui dira s'il y a un risque faible ou élevé de résurgence.

Quand et comment peut-on déconfiner la population ?

Il n'y a pas de procédure écrite ou de manuelle pour dire comment déconfiner. Le confinement est une invention des Chinois qui a permis de créer de la distance sociale de façon large, mais pour les déconfiner ces populations, il faut évaluer le risque de résurgence, le risque d'engorgement des hôpitaux. Si on envisage le déconfinement dans des endroits à haut risque de résurgence ou tant qu'il persiste un risque préoccupant, il faut des mesures d'accompagnement. On va essayer de libérer les commerces, la vie sociale, mais il va falloir des mesures de distanciation sociale avec un traçage de tous les contacts possibles des personnes infectées. Cela nécessite des adaptations réglementaires, mais il faut savoir ce que l'on veut. Les masques de protection sont un instrument pour baisser la probabilité de transmission entre deux personnes. Il ne faut pas oublier le lavage des mains.

Le risque d'une deuxième vague est-il réel ?

C'est un risque si la première vague s'arrête à cause de la saison. Il est possible, parce que l'hémisphère sud ne connaît pas une activité très élevée, qu'on ait un répit pendant l'été. La contrepartie peut être un risque de résurgence à l'automne ou à l'hiver, en particulier si les enquêtes de séroprévalence montrent que des régions son encore peu immunisées contre le virus.