Coronavirus : Oxfam demande "l'annulation de l'annuité 2020 pour tous les pays pauvres et pas seulement africains", indique Cécile Duflot

La directrice générale d'Oxfam France estime que "500 millions de personnes, soit 6 à 8% de la population mondiale, risquent de basculer dans la pauvreté" à cause de la crise économique liée à l'épidémie de coronavirus.

Cécile Duflot, ancienne ministre et directrice générale d\'Oxfam France, à l\'université du Medef, le 28 août 2019.
Cécile Duflot, ancienne ministre et directrice générale d'Oxfam France, à l'université du Medef, le 28 août 2019. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Emmanuel Macron a appelé, dans son allocution lundi 13 avril, à annuler massivement la dette des pays africains, pour les aider à surmonter le choc économique lié à la pandémie de coronavirus. La question doit être débattue cette semaine par les pays du G20 en marge de la réunion de printemps du Fonds monétaire international.

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Mais pour Cécile Duflot, il faut aller plus loin. La directrice générale d'Oxfam France, appelle, mardi sur franceinfo, à l'annulation de "l'annuité 2020 pour tous les pays pauvres et pas seulement africains".

Une "annulation" de la dette, pas un "moratoire"

"Il y a des pays qui ne sont pas africains qui sont en grande difficulté, ça ne doit donc ne pas être limité aux pays africains. Je pense par exemple à la Colombie", explique la directrice générale d'Oxfam France. Cécile Duflot fait également la différence entre "annulation" et "moratoire". "Nous, on demande une chose très précise : l'annulation de l'annuité 2020, explique Cécile Duflot. C'est-à-dire qu'en 2020, les pays n'auront pas à rembourser leur dette."

"Ce qui signifie très concrètement pour un pays comme le Ghana, qui paye 11 fois plus pour rembourser sa dette que pour sa politique de santé, qu'il aura des moyens financiers à pouvoir libérer pour agir tout de suite pour ses populations, puisque c'est l'objectif", argumente l'ancienne dirigeante écologiste.

Pour la directrice de l'ONG, il faut aussi agir vite : "Il y a une urgence, c'est que 500 millions de personnes, soit 6 à 8% de la population mondiale, risquent de basculer dans la pauvreté". Cécile Duflot ajoute que "du fait de la pandémie, certains risquent de mourir de faim avant de mourir du virus".