Coronavirus : Olivier Véran demande une révision des règles de prescription de l'hydroxychloroquine après la publication d'une étude pointant son inefficacité

En dehors des essais cliniques, la France a déjà restreint l'usage de l'hydroxychloroquine (HCQ) à l'hôpital uniquement, et seulement pour les cas graves de Covid-19, sur décision collégiale des médecins.

Un pharmacien tient une pilule d\'hydroxychloroquine à la pharmacie Rock Canyon de Provo, dans l\'Utah (Etats-Unis), le 20 mai 2020.
Un pharmacien tient une pilule d'hydroxychloroquine à la pharmacie Rock Canyon de Provo, dans l'Utah (Etats-Unis), le 20 mai 2020. (GEORGE FREY / AFP)

Le gouvernement change de braquet sur la chloroquine. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a demandé samedi 23 mai au Haut Conseil de la santé publique (HCSP) de proposer "sous 48 heures une révision des règles dérogatoires de prescription" de divers traitements comme l'hydroxychloroquine, après la parution d'une étude pointant son inefficacité et même les risques pour les malades du Covid-19.

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"Suite à la publication dans TheLancet d'une étude alertant sur l'inefficacité et les risques de certains traitements du Covid-19 dont l'hydroxychloroquine, j'ai saisi le HCSP pour qu'il l'analyse et me propose sous 48 heures une révision des règles dérogatoires de prescription" ,a indiqué le ministre dans un tweet.

En dehors des essais cliniques, la France a déjà restreint l'usage de l'hydroxychloroquine (HCQ) à l'hôpital uniquement, et seulement pour les cas graves sur décision collégiale des médecins.

Des études qui se multiplient

Cette molécule, dérivée de l'antipaludéen chloroquine, connaît depuis fin février une notoriété inédite depuis que le Pr Didier Raoult, de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) à Marseille, a relayé une petite étude chinoise, peu détaillée, affirmant que le phosphate de chloroquine montrait des signes d'efficacité chez des patients atteints de Sars-CoV2.

Deux études, une chinoise et une française, publiées la semaine dernière, ont cependant constaté que l'HCQ ne réduisait pas significativement les risques d'admission en réanimation, ni de décès chez les patients hospitalisés avec une pneumonie due au Covid-19.

Et une autre étude, avec des données portant sur 96 000 patients au total, parue vendredi dans la revue scientifique The Lancet, à laquelle Olivier Véran fait allusion dans son tweet, a conclu que ni la chloroquine ni l'HCQ ne se montrent efficaces contre le Covid-19 chez les malades hospitalisés. Selon cette étude, ces molécules augmentent même le risque de décès et d'arythmie cardiaque.