Coronavirus : "Les malades psychiatriques sont plus fragiles" et deux fois porteurs" des facteurs aggravants, explique une psychiatre

Non seulement ils sont plus sensibles au stress lié au confinement mais ils souffrent de maladies chroniques comme le diabète, les maladies cardiovasculaires ou l'obésité, ce qui les rend plus vulnérables au Covid-19.

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"Le stress lié à l'épidémie et au confinement va aggraver" les troubles psychiatriques des malades, prévient une spychiatre (illustration). (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Dans une tribune publiée dans Le Parisien, une centaine de psychiatres s’inquiètent du sort des 12 millions de personnes souffrant de troubles psychiques, très perturbés par le confinement et qui consultent beaucoup moins à cause du coronavirus. "Ils sont plus fragiles et ils sont deux fois plus porteurs des maladies chroniques dont on parle tout le temps, le diabète, les maladies cardiovasculaires, l'obésité", a expliqué jeudi 9 avril sur franceinfo Marion Leboyer, professeure de psychiatrie à l'université Paris-Est Créteil, responsable du DMU Impact à l’AP-HP au groupe hospitalier Henri Mondor et directrice de la fondation FondaMental.

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franceinfo : Quel message voulez-vous faire passer ?

Marion Leboyer : Nous voudrions alerter nos patients et leur dire que la psychiatrie s'est réorganisée pour faire face à l'épidémie et pour les soigner. Nous avons ouvert des unités spécialisées pour prendre en charge les patients psychiatriques porteurs du Covid. On a ouvert des téléconsultations qui ne nécessitent pas que les patients se déplacent. Nous sommes aussi aux urgences, mais on constate une baisse d'activité qui nous inquiète beaucoup. 

C'est un appel pour que les décideurs quand ils parlent de maladies chroniques, de handicap, parlent aussi de ces maladies psychiatriques et qu'elles soient plus l'objet d'attention.

Marion Leboyer, psychiatre

à franceinfo

Comment l'expliquez-vous ?

Ce sont très probablement les conséquences du confinement. Ce qui nous inquiète c'est que nos malades sont plus fragiles et plus à risque en cette période d'épidémie. On ne parle pas assez de psychiatrie. Les malades psychiatriques sont 12 millions.

Pourquoi sont-ils plus fragiles ?

Pour trois raisons. Ils sont exposés à faire un Covid plus grave parce qu'ils sont deux fois plus porteurs des maladies chroniques dont on parle tout le temps, le diabète, les maladies cardiovasculaires, l'obésité. Donc, il faut qu'ils se surveillent et qu'ils n'hésitent pas à appeler leur médecin. Ils ont aussi le risque de faire une rechute de leur maladie psychiatrique, soit parce qu'il y a une interruption de leur prise en charge, soit parce que le stress lié à l'épidémie et au confinement va aggraver leur pathologie. Troisième risque c'est celui de l'isolement ou de la stigmatisation.

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