Coronavirus : l'impact sur la croissance française sera "de plusieurs dixièmes de point de PIB", avertit Bruno Le Maire

Invité de France Inter lundi matin, le ministre de l'Économie affirme que "l'impact [économique] sera sévère" sur 2020 et appelle à un "plan de relance européen".

Bruno Le Maire, invité de France Inter le 9 mars 2020.
Bruno Le Maire, invité de France Inter le 9 mars 2020. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)

Les conséquences économiques de l'épidémie de coronavirus auront un "impact [...] sévère" sur la croissance française en 2020, affirme lundi 9 mars Bruno Le Maire, invité de France Inter. Le ministre de l'Économie et des Finances a convoqué dans la matinée une réunion à Bercy avec les acteurs économiques pour faire le point.

>> "Il y aura, dans l'histoire de l'économie mondiale, un avant et un après le coronavirus", indique le ministre de l'Économie. Suivez notre direct sur l'épidémie.

L'impact sera "de plusieurs dixièmes de point de PIB sur 2020", anticipe Bruno Le Maire. "On peut envisager d’être en dessous de 1 point de PIB en 2020", a prévenu le ministre. "La seule évaluation que j'avais donnée jusqu'à présent c'était [une baisse] de 0,1 point, quand c'était cantonné à la Chine". Bruno Le Maire indique qu'il donnera "un chiffre précis le 15 avril""Nous commençons à avoir les remontées du premier trimestre", dit-il.

De janvier à mi-février, les indicateurs étaient bien orientés. Et on voit qu'à partir du moment où l'épidémie se déclenche qu'il y a un très brutal ralentissement.Bruno Le Maire, le ministre de l'Économieà France Inter

Bruno Le Maire évoque aussi le "ralentissement dans toute la zone euro, notamment chez nos principaux partenaires commerciaux". "La troisième raison, c'est que la crise est mondiale, donc elle aura aussi un impact sur la croissance mondiale", a-t-il enfin ajouté.

Travail partiel, report de charges, appel à la solidarité

"J'encourage [les entreprises] à se déclarer en activité partielle, déclare Bruno Le Maire. Les coûts sont pris à notre charge, l'État et l'Unedic. Quel que soit le coût, nous répondrons présents. Je pense que c'est aujourd'hui la solution la plus efficace", juge le ministre. "L'activité partielle on l'a simplifiée, on l'a accélérée. Vous la demandez, vous avez une réponse en 48 heures au lieu de 15 jours et vous avez un taux de remplacement de 80% au niveau du SMIC". 900 entreprises ont déjà demandé le chômage partiel, un chiffre qui va "fortement augmenter", d'après le ministre. Ces mesures sont au programme de la réunion à Bercy.

Si [les entreprises] estiment qu'il faut aller plus loin, nous sommes prêts avec Muriel Pénicaud [la ministre du Travail], à aller encore plus loin.Bruno Le Maire

Le ministre annonce également le report "de charges fiscales, de charges sociales, et s'il y a besoin de dégrèvements d'impôts, nous ferons des dégrèvements d'impôts pour les entreprises les plus menacées".

Enfin Bruno Le Maire lance sur France Inter "un appel à la solidarité de toutes les grandes entreprises vis-à-vis de leurs entreprises sous-traitantes et de leurs PME". "Ne réclamez pas les arrhes que vous avez versées et si vous pouvez payer la prestation, quitte à obtenir un engagement de règlement de la prestation un peu plus tard, faites-le pour soulager la trésorerie des PME", a-t-il demandé.

"Nous devons décréter la mobilisation générale"

Bruno Le Maire appelle à "un plan de relance européen" . "J'attends une réponse forte, massive, coordonnée de l’Europe" pour l’après-épidémie, a-t-il poursuivi. "Nous devons décréter la mobilisation générale". Cette réponse européenne passe d'abord "le 12 mars prochain" par "la Banque centrale européenne", qui a d'après lui "des marges de manœuvre pour soutenir toutes les banques qui doivent apporter des prêts de trésorerie aux PME". D'après Bruno Le Maire, "c'est vital que la BCE dise très clairement aux banques (….) 'nous répondrons présents'".  Les ministres des Finances de la zone euro, puis de ceux de l'Union européenne, doivent se réunir le 16 mars. "Nous devons travailler à un plan de relance qui pourra passer par des mesures fiscales, par des mesures budgétaires, par des baisses d'impôts, pour que, dès que la crise épidémiologique sera derrière nous, nous puissions relancer la machine économique (...)", a-t-il affirmé. "Il faudra que chacun sache que le moment venu, quand il faudra appuyer sur le bouton, nous aurons préparé des mesures", a-t-il ajouté.