Coronavirus : "Il n'y a pratiquement plus de lits de réanimation" en Seine-Saint-Denis, alerte le directeur médical du Samu

"Pratiquement 100% des lits de réanimation sont occupés", affirme le professeur Frédéric Adnet, directeur médical du Samu Seine-Saint-Denis.

Des ambulanciers du SAMU 93, le 22 novembre 2019 à Montreuil. Photo d\'illustration.
Des ambulanciers du SAMU 93, le 22 novembre 2019 à Montreuil. Photo d'illustration. (LUC NOBOUT / MAXPPP)

"En Seine-Saint-Denis, nos places sont saturées", s'alarme jeudi 26 mars sur franceinfo le professeur Frédéric Adnet, directeur médical du Samu Seine-Saint-Denis et chef du service des urgences de l’hôpital Avicenne à Bobigny. Selon lui, huit lits en réanimations doivent ouvrir vendredi 27 mars dans son établissement hospitalier, mais ce "ballon d'oxygène" pourrait ne pas suffire pour faire face à l'épidémie de coronavirus. "Pratiquement 100% des lits de réanimation sont occupés", estime-t-il. "Pour l'instant, on n'est pas saturés en Île-de-France, mais c'est vrai que dans mon département, il n'y a pratiquement plus de lits de réanimation."

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Le Pr Adnet dispose d'une "quarantaine" de lits en réanimation. Mais les urgences sont en tension. "On a nos services d'urgence qui sont saturés, nos lits qui ont été réservés aux malades atteints du Covid-19 qui se remplissent peu à peu. Et on espère que la hauteur de la vague [la courbe de l'épidémie] sera inférieure aux capacités hospitalières", s'inquiète-t-il.

On a environ cinq à dix patients par jour en réanimation qu'on est obligé d'intuber aux urgences, parce qu'ils sont en détresse respiratoire.Frédéric Adnetà franceinfo

"Ces patients sont soit transférés à Paris ou en Île-de-France grande couronne, soit on arrive miraculeusement à leur trouver une place dans notre département", décrit Frédéric Adnet.

Saturation des urgences

Selon lui, la situation devient de plus en plus tendue : "Il y a deux semaines, on avait des patients qui avaient des formes mineures, qui étaient plutôt angoissés, etc. Depuis environ deux, trois jours, on a les patients qui arrivent dans nos services d'urgence, qui ont du mal à respirer, qui ont la maladie qui s'aggrave brutalement et qu'on est obligé d'intuber et de transférer en réanimation."

Le profil de ces patients n'est pas toujours le même : "Il y a deux profils. Il y a le profil du patient âgé qui a tous les facteurs de risque, donc avantage le diabète, l'hypertension. Et on a un autre profil qui est le patient qui est plutôt jeune, inférieur à 60 ans, qui a certaines comorbidité, mais quelquefois sans aucune comorbidité, et pour lesquels l'infection flambe, qui sont très rapidement en détresse respiratoire, et qu'on est pratiquement obligés d'intégrer dans les minutes qui suivent l'admission aux urgences", décrit le professeur Frédéric Adnet.