Coronavirus en France : Santé publique France juge "vraisemblable" qu'il soit "nécessaire de prolonger le confinement"

La directrice générale de Santé publique France estime jeudi sur franceinfo que l’efficacité des mesures dépend "d’une part de la responsabilité de chacun" face aux mesures déjà prises et "de la période d’incubation des cas qui étaient déjà contaminés au début du confinement".

Geneviève Chêne, le 19 juin 2014, à Paris.
Geneviève Chêne, le 19 juin 2014, à Paris. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

"On devrait commencer à observer un freinage important [de l’épidémie de coronavirus] dans les deux à quatre semaines", s’est projetée sur franceinfo jeudi 19 mars Geneviève Chêne, directrice générale de Santé publique France, à partir de modèles observés dans les autres pays touchés par la pandémie de Covid-19.

Mais la prolongation du confinement, prévue initialement pour au moins deux semaines, est "vraisemblable".

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Selon elle, deux dynamiques vont s’opérer avec le confinement mis en place depuis mardi : "La première, c'est la dynamique de l'épidémie telle qu'elle était au début du confinement. La second est liée à toutes les mesures combinées, assez strictes et importantes, qui ont été prises." La directrice générale de Santé publique France estime que l’efficacité des mesures dépend "d’une part de la responsabilité de chacun face à ces mesures et de la période d’incubation des cas qui étaient déjà contaminés au début du confinement".

La situation française pourrait être différente de la situation italienne

La courbe de l’épidémie pourrait donc "freiner dans son ascension" dans deux à trois semaines. Geneviève Chêne estime qu’avec l’application stricte des mesures du gouvernement, il pourrait être possible de contenir l’épidémie.

Il est vraisemblable que la dynamique de l’épidémie sera suffisamment freinée pour avoir une épidémie qui sera sûrement beaucoup plus importante que celle de la grippe habituelle mais malgré tout contenue.Geneviève Chêneà franceinfo

La France pourrait donc "être dans une situation différente de celle de l’Italie". Pour autant, la directrice générale de Santé publique France juge "vraisemblable que ce soit nécessaire de prolonger le confinement pour que le freinage soit suffisant". En effet, selon les observations réalisées dans les autres pays touchés ayant mis en place des mesures similaires, "la dynamique se déroule sur deux à trois mois", décrit Geneviève Chêne, "avec une inversion du pic qui survient entre le premier et le deuxième mois après des mesures très strictes".

En France, cela pourrait donc intervenir "entre 45 et 60 jours à partir de maintenant, donc autour de mi-mai", tout en prenant en compte que "c’est de la pure spéculation puisqu’on ne dispose pas d’observations qui permettent de donner des éléments très solides".