Coronavirus : "En 2007, on aurait pu absorber la crise de 2020", déclare l'économiste Claude Le Pen

Ce spécialiste de l'économie de la santé estime que la France aurait dû investir dans la protection contre les épidémies lors de la crise de la grippe H1N1, il y a 13 ans.

\"On court aujourd\'hui après le milliard de masques chirurgicaux, alors qu\'on stockait ce milliard de masques il y a 13 ans.\", affirme l\'économiste Claude Le Pen.
"On court aujourd'hui après le milliard de masques chirurgicaux, alors qu'on stockait ce milliard de masques il y a 13 ans.", affirme l'économiste Claude Le Pen. (MACIPSA AÏT / FRANCE-BLEU HAUTE-NORMANDIE)

"En 2007, on aurait pu absorber la crise de 2020", estime l'économiste de la santé et professeur à l'université Paris-Dauphine Claude Le Pen sur franceinfo ce jeudi. "Il y a eu un déclalage", affirme-t-il, mettant en parallèle l'épidémie de grippe H1N1 d'alors et la pandémie de Covid-19 aujourd'hui.

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"On sortait de la grippe aviaire H5N1. La réponse de l'Etat à l'époque avait été jugée insuffisante par l'Etat lui-même et par les parlementaires. À l'initiative de ces derniers a été constitué en 2007 un fonds d'environ 1 milliard d'euros, confié à une institution qui s'appelait l'Eprus [Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires] et qui devait gérer les masques, les vaccins, les respirateurs et les robots pour l'analyse biologique. Enfin, tous les dispositifs dont on a aujourd'hui besoin. Et on court aujourd'hui après le milliard de masques chirurgicaux, alors qu'on stockait ce milliard de masques il y a 13 ans."

Un manque d'investissement

Pour l'économiste, les deux événements sont étroitement liés : "la grippe H1N1 a eu un effet délétère sur le système. Achat très important de vaccins qui ne se conservent pas, puisqu'une fois que l'année est passée il faut les détruire. Des dépenses au-delà de 500 millions d'euros et puis une grippe annoncée comme terrible qui n'arrive pas." Ces faits, couplés à la crise financière de 2008, font que "la préparation à une pandémie probable mais incertaine et lointaine sort des priorités et l'on désinvestit progressivement dans la protection vis-à-vis des crises sanitaires."