Coronavirus : des ONG mettent en garde contre un "nationalisme vaccinal"

Le texte, signé notamment par les anciennes ministres Cécile Duflot et Najat Vallaud-Belkacem, alerte contre les risques que les populations les plus pauvres n'aient pas accès au futur vaccin contre le Covid-19.

Les anciennes ministres Cécile Duflot (Oxfam) et Najat Vallaud-Belkacem (France one), le 25 novembre 2012 à Paris.
Les anciennes ministres Cécile Duflot (Oxfam) et Najat Vallaud-Belkacem (France one), le 25 novembre 2012 à Paris. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Ils redoutent que le vaccin ne soit confisqué par les pays riches. Plusieurs dirigeants d'ONG ont lancé, dimanche 28 juin, un appel pour que le futur vaccin contre le nouveau coronavirus soit accessible à toutes les populations à travers le monde, mettant en garde contre un "nationalisme vaccinal". Le texte, publié par le Journal du dimanche, est signé notamment par Cécile Duflot (Oxfam), Najat Vallaud-Belkacem (France One), Thierry Allafort (Médecins sans frontières), Philippe de Botton (Médecins du monde) et Florence Thune (Sidaction).

"Faire des futurs vaccins un bien public mondial"

"Depuis deux mois, les sommets internationaux s'enchaînent et la France affiche sa volonté de rendre le futur vaccin contre le Sars-CoV2 accessible partout dans le monde", écrivent ces responsables d'ONG. Mais "en coulisses, une âpre compétition pour le développement et la mise en compétition des vaccins s'est ouverte entre les nations et les groupes pharmaceutiques", poursuivent-ils.

Les craintes qu'un 'nationalisme vaccinal' couplé à une course aux profits vienne entraver l'accès des personnes les plus exposées et démunies, notamment celles vivant dans les pays en développement, sont bien réelles.Les signataires du textedans "Le Journal du dimanche"

Le groupe Sanofi avait notamment créé une vive polémique en mai lorsque son directeur général avait évoqué la possibilité de favoriser les Etats-Unis pour la distribution d'un éventuel vaccin. "Nos associations ont l'expérience d'années de lutte pour l'accès aux traitements face à une industrie pharmaceutique peu scrupuleuse. Les mêmes erreurs ne peuvent se reproduire !", estiment les ONG, aux yeux desquelles "pour faire des futurs vaccins un bien public mondial, il faut garantir des prix abordables pour tous les pays et toutes les populations".