Coronavirus : des États américains limitent l'accès à l'avortement au nom de la lutte contre l'épidémie

Plusieurs États américains ont décidé de limiter le droit à l'avortement au nom de la lutte contre le Covid-19. Les associations qui militent pour le droit à l'avortement y voient une manœuvre idéologique de la part de la frange conservatrice.

Manifestation des activitstes pro-choix devant la cour suprême des Etats-Unis, à Washington, le 4 mars 2020.
Manifestation des activitstes pro-choix devant la cour suprême des Etats-Unis, à Washington, le 4 mars 2020. (SAUL LOEB / AFP)

Au Texas, les 24 cliniques qui pratiquent encore des interruptions volontaires de grossesse ont reçu l'ordre de déclarer toutes les opérations "non-urgentes" sauf en cas de danger pour la vie de la mère. Les contrevenants s'exposent à des peines pouvant aller jusqu'à 180 jours de prison et 1 000 dollars d'amende. L'Ohio a pris des mesures similaires.

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"J'agis dans l'intérêt des Texans", assure le gouverneur du Texas, le républicain Greg Abbott. "Nous voulons être certains d'avoir les lits nécessaires ainsi que les personnels disponibles pour répondre au Covid-19", justifie-t-il. 

Les associations dénoncent une approche idéologique

Au Texas et dans plusieurs États américains, la fenêtre légale pour une interruption volontaire de grossesse étant déjà limitée, reporter les interventions revient à les interdire, estiment les associations qui militent pour le droit à l'avortement. "Je sais bien que nous devons faire face à ce défi du coronavirus mais le service que nous apportons aux femmes est essentiel", a déclaré Ken Lambrecht, directeur du planning familial texan. Il promet de "continuer à aider notre communauté de la meilleure manière et aussi longtemps que possible". 

Trois cliniques refusent d'obéir

Dans l'Ohio, trois cliniques ont refusé de se plier à l'ordre de repousser les avortements, expliquant qu'il s'agissait de procédures médicales, essentielles et urgentes.

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