Coronavirus : "Ça fait très film de science-fiction", réagit Stéphane Brogniart, après une traversée de l'Atlantique entamée avant le confinement

Le rameur s'est tenu au courant de l'actualité mais il ne pensait pas "que c'était à ce point-là qu'il fallait prendre beaucoup de précautions et que la vie des gens avaient vraiment changé dans les comportements."

Stéphane Brogniart, parti des Canaries le 14 février, a terminé sa traversée de l\'Atlantique à la rame en Martinique, dimanche 27 avril. Il a accosté sur l\'îlet Cabrit.
Stéphane Brogniart, parti des Canaries le 14 février, a terminé sa traversée de l'Atlantique à la rame en Martinique, dimanche 27 avril. Il a accosté sur l'îlet Cabrit. (CAPTURE D'ECRAN GOOGLE MAPS)

"Il y a en Martinique une véritable préoccupation qui est justifiée (par rapport à l'épidémie de coronavirus) mais qui pour moi est bizarre. Pour le coup, ça fait très film de science-fiction", a réagi lundi 27 avril sur franceinfo, Stéphane Brogniart qui vient de traverser l'Atlantique à la rame. Il est parti avant la mise en place du confinement, le14 février, des Canaries et est arrivé en Martinique, dimanche 27 avril à 12h45 (heure locale) où il a accosté sur l'îlet Cabrit avant de se présenter au port du Marin.

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Le rameur a été très surpris de découvrir les mesures de distanciation sociale, quand il "est allé faire les courses dans une supérette à la marina au port du Marin [Martinique] où tout est fermé et dans la supérette avec des lignes pour attendre, du scotch par terre. On me dit que je n'ai pas le droit d'avancer avant que la personne qui me précède ait passé la ligne devant elle. On désinfectait le caddie", a-t-il détaillé.

Comité d'accueil réduit à l'arrivée

Stéphane Brogniart a ramé "12 à 13 heures par jour" avec des "conditions qui n'étaient pas favorables, j'avais très peu de vent, très peu de courant, j'ai même fait de la marche arrière". En plein milieu de l'Atlantique, il n'était pas pour autant coupé du monde : "J'avais la chance d'avoir du matériel à bord et d'être informé de l'évolution de la situation". L'ultra-traileur a pu écouter "les comptes-rendus du président [Emmanuel Macron] pour être au plus près de l'actualité", cependant "je ne pensais pas que c'était à ce point-là qu'il fallait prendre beaucoup de précautions et que la vie des gens avaient vraiment changé dans les comportements", a confié celui qui habite habituellement dans le petit village de Rochesson dans les Vosges.

A cause du confinement, "personne n'est venu de Métropole" pour accueillir Stéphane Brogniart mais "il y avait quand même un comité d'accueil assez important parce que beaucoup de bateaux sont bloqués en Martinique au mouillage et toutes ces personnes confinées étaient sur le pont de leur bateau pour me faire un accueil festif et triomphal malgré tout, confie le sportif vosgien. Le petit regret c'est de ne pas avoir l'équipe Etarcos et la famille. On attendra mon retour dans une semaine dans les Vosges pour fêter tout cela".

Dans la vie, Stéphane Brogniart est coach mental et préparateur physique. Il avait donc les armes pour réussir cette traversée, mais aussi spirituelles, parce qu'il l'a vécue comme "un voyage très particulier", c'est un peu "se mettre tout nu devant la glace par rapport à soi-même, il y a une forme de voyage initiatique là-dedans", a-t-il ajouté avec poésie. "Toute la deuxième partie de la traversée a été une reconstruction pour imaginer que j'ai démonté ma maison pierre par pierre et que je suis en train de la remonter et peut-être en mieux".

Stéphane Brogniart, qui a déjà couru l'Ultra-Trail du Mont-Blanc à plusieurs reprises, a effectué cette traversée de l'Atlantique à la rame pour se préparer à sa prochaine aventure en janvier 2021 : traverser le Pacifique du Pérou à la Nouvelle-Calédonie, un défi que personne ne n'a jamais tenté. Le Français va ramer sur 12 000 km pour une traversée qui devrait durer entre quatre à six mois.