Coronavirus : bilan définitif de 1 046 cas sur le porte-avions "Charles-de-Gaulle", près de la moitié sont asymptomatiques

"Je ne peux pas laisser passer les bruits selon lesquels on ferait n'importe quoi avec la santé de nos marins", réagit le porte-parole de la marine nationale après des critiques de proches de militaires.

Le porte-avions \"Charles de Gaulle\", le 12 avril 2020 dans la rade de Toulon.
Le porte-avions "Charles de Gaulle", le 12 avril 2020 dans la rade de Toulon. (FRANCK BESSIERE / HANS LUCAS / AFP)

Le bilan est cette fois définitif : 1 046 marins du porte-avions français Charles-de-Gaulle ont été testés positifs au coronavirus sur un total de 1 760, a indiqué samedi 18 avril l'armée française. Vendredi, devant la commission Défense de l'Assemblée nationale, la ministre des Armées, Florence Parly, avait évoqué 1 081 marins positifs au Covid-19 sur l'ensemble du groupe aéronaval (le porte-avions, les navires accompagnants et les aéronefs). Une immense majorité d'entre eux vient donc bien du porte-avions lui-même, sur lequel le virus s'est répandu comme une traînée de poudre, touchant presque 60% des effectifs.

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"C'est le chiffre final", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la marine nationale, le capitaine de vaisseau Eric Lavault. Près de 50% des cas sont asymptomatiques. Entre 20 et 30 marins sont actuellement hospitalisés, et un major d'une cinquantaine d'années est en réanimation. Son état est stationnaire et ses "réflexes respiratoires fonctionnent", a-t-il indiqué.

Deux enquêtes, une de commandement et une épidémiologique, ont été diligentées sur la gestion de la crise par l'encadrement militaire d'une part, le processus de contamination du bâtiment d'autre part. Deux questions qui continuent de faire polémique, avec plusieurs témoignages de marins ou de proches qui dénoncent dans des médias français, sous couvert de l'anonymat, un encadrement dépassé par les évènements.

L'armée dénonce les informations "fausses" relayées par des familles

Le porte-parole a de nouveau dénoncé certaines informations "fausses", notamment le fait que le commandant du porte-avions aurait demandé sans succès à interrompre sa mission lors d'une escale à Brest. "Il n'y a jamais eu de marin sous respirateur" à bord, a-t-il par ailleurs ajouté.

"Je comprends ceux qui sont inquiets, qui peuvent être un peu en colère aussi, mais je ne peux pas laisser passer les bruits selon lesquels on ferait n'importe quoi avec la santé de nos marins", a-t-il martelé. "Jusqu'au 5 avril, la fréquentation de l'hôpital était conforme aux statistiques habituelles en mission courante." C'est à partir de cette date que le nombre de patients a "explosé", poussant le commandant à avertir sa hiérarchie.

Florence Parly a demandé à recevoir "un point d'étape" des enquêtes d'ici deux semaines. Le Charles-de-Gaulle est le second porte-avions contaminé par le virus, après l'américain USS Theodore Roosevelt. "On échange avec les Américains sur ce sujet", a relevé à cet égard le porte-parole.

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