Coronavirus à Marseille : "On n'a aucun argument scientifique pour dire que le virus va disparaître", lance un médecin

Réanimateur aux urgences de l'hôpital de la Timone, Julien Carvelli s'étonne des certitudes du Pr Didier Raoult qui évoque une fin de l'épidémie dans la cité phocéenne.

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Radio France
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L'hôpital de la Timone à Marseille (Bouches-du-Rhône). (ERIC CABANIS / AFP)

"On n'a aucun argument scientifique aujourd'hui pour dire que le virus va disparaître", a lancé mercredi 15 avril sur franceinfo Julien Carvelli, médecin rénimateur aux urgences de l'hôpital de la Timone, le principal hôpital à Marseille (Bouches-du-Rhône). Le médecin réagissait aux propos du Pr Didier Raoult évoquant une disparition de l'épidémie dans la ville. Il a reconnu une amélioration de la situation "depuis une bonne semaine", et a alerté sur le spectre d'une "recrudescence", "si on n'est pas aussi rigoureux" au déconfinement.

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"On arrive à avoir de la place pour accueillir les nouveaux patients, on est en train de se réorganiser pour accueillir des malades qui ne sont pas atteints du coronavirus, et admis pour d'autres pathologies", a relaté le Dr Julien Carvelli qui reconnaît qu' "il y a clairement une décrue". "On a eu le temps de se préparer, c'est surtout ça qui a fait la différence, on a eu le temps de s'organiser", a ajouté le médecin. "Il y a une dizaine de jours, on a quand même eu peur de se faire déborder", a évoqué le réanimateur.

"Pas le moment de relâcher l'effort" du confinement

La raison, selon Julien Carvelli, c'est le confinement. Toujours selon le médecin, il n'existe "aucun argument scientifique pour dire que le virus va disparaître". "On n'a aucun argument non plus pour avancer que la population est massivement immunisée, a massivement rencontré le virus et sera protégée dans les semaines à venir", a-t-il poursuivi. "Ce qu'on a à craindre, même s'il ne faut pas être trop angoissé, c'est une recrudescence de la maladie, au déconfinement, si on n'est pas aussi rigoureux", a avancé le médecin.

"Le virus est toujours là. Le virus circule toujours. Il y a encore des foyers de circulation dans toute la France et à Marseille également, et il n'est pas le moment de relâcher l'effort", selon Julien Carvelli. "Pour le moment, on n'a pas de traitement spécifique à proposer aux malades. Toutes les pistes sont étudiées", a ajouté le médecin, en référence aux traitements via l'hydroxychloroquine prônée par le Pr Raoult. "Même si le travail de l'IHU à Marseille est un gros travail, en tout cas, on n'a pas de preuve que ce médicament soit efficace pour améliorer le pronostic des patients atteints de la maladie", a martelé Julien Carvelli.

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