Coronavirus : à Marseille, "on manque de personnel infirmier" alors qu'on "arrive à une saturation importante dans nos services", alerte un médecin

En manque de personnel, les hôpitaux de Marseille recrutent en urgence pour renforcer les équipes face à un rebond de l'épidémie de coronavirus.

Article rédigé par
Mathilde Vinceneux - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
L'unité de réanimation Covid-19 de l'Hôpital Européen de Marseille le 8 septembre 2020. (F SPEICH / MAXPPP)

"On arrive à une saturation qui est importante dans nos services", s'est alarmé, jeudi 17 septembre sur franceinfo, le professeur Lionel Velly, médecin réanimateur au CHU de la Timone à Marseille. Face à une nouvelle vague de patients atteints du Covid-19, les hôpitaux de Marseille recrutent en urgence pour faire face au rebond de l’épidémie. "On manque de personnel infirmier parce que, malheureusement, il est très difficile de recruter des infirmiers sur notre région" notamment en réanimation. On a besoin de ce personnel pour "ouvrir de nouveaux lits". "Ce n'est clairement pas le tsunami de la première vague, mais c'est une marée montante", a-t-il rappelé.

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Les hôpitaux se préparent donc à ouvrir de nouvelles unités avec du personnel dédié. Une centaine d'infirmières ont déjà été recrutées, et il en manque encore une centaine d'autres, avec aussi des médecins et des techniciens de laboratoire pour les tests. L'enjeu c'est de continuer à accueillir tous les malades, Covid-19 et autres pathologies, et de ne pas déprogrammer des opérations.

L'hôpital Nord "n'est pas en capacité d'ouvrir des lits supplémentaires"

Dans le service réanimation de l'hôpital Nord de Marseille, la tension est forte aussi. C'est avec une combinaison intégrale que l'on passe les portes battantes de l'unité Covid-19. La pression est négative, pour empêcher le virus de sortir. "C'est une unité qui est complètement isolée du reste de l'hôpital", explique Laurent Papazian, qui dirige notamment l'unité Covid-19. Cette unité compte dix lits, dont sept actuellement occupés. "Hier, on était à neuf, là on est à sept parce qu'il y avait des patients qui sont sortis", continue Laurent Papazian. Un nouveau patient arrive dans la journée, transféré d'un autre service de réanimation.

On tient bon, mais la situation est de plus en plus préoccupante, avec un stress quotidien et constamment renouvelé.

Jean, médecin au service réanimation de l'hôpital Nord de Marseille

à franceinfo

À ce rythme, il faudra bientôt ouvrir une deuxième unité Covid-19 dans l'hôpital, mais les bras manquent. Contrairement au printemps dernier, les autres opérations se sont pas déprogrammées. Il est donc impossible de s'appuyer sur les soignants des autres services. "Les infirmières des autres services et les infirmières anesthésistes ne peuvent pas venir nous aider. On n'est pas en capacité d'ouvrir des lits supplémentaires, en tout cas en grand nombre. C'est pour ça qu'on fait appel à des renforts extérieurs", résume le professeur Laurent Papazian.

Il faut une infirmière pour deux patients dans les unités Covid-19, et il faut qu'elle soit bien formée insiste Mélanie Fabre, qui gère les équipes d'infirmières en réanimation. "Tout le monde ne peut pas prendre en charge des patients de réanimation. Il faut quand même qu'ils s'imprègnent de l'environnement en réanimation, à travailler avec des patients qui sont très fragiles. Ça demande énormément de compétences techniques, relationnelles, d'anticipation, de polyvalence, d'autonomie qui ne s'acquièrent pas en une journée", explique-t-elle.

Le reportage à l'hôpital Nord de Marseille de Mathilde Vinceneux - 0
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