Coronavirus : 4 milliards d'euros de recettes en moins pour la SNCF, annonce son PDG Jean-Pierre Farandou

Le patron de l'entreprise publique écarte l'hypothèse de licenciements, dans un entretien au "Journal du dimanche".

Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, à la gare de l\'Est, le 10 mai 2020.
Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, à la gare de l'Est, le 10 mai 2020. (THOMAS SAMSON / SIPA)

La crise du Covid-19 devrait coûter à elle seule près de quatre milliards d'euros de chiffre d'affaires à la SNCF, estime son PDG, dans un entretien au Journal du dimanche du 14 juin. "La perte de chiffre d'affaires devrait être proche de 4 milliards d'euros, le TGV à lui tout seul en représentant la moitié", déclare Jean-Pierre Farandou. Si l'on ajoute celle liée aux grèves contre la réforme des retraites, évaluée à un milliard d'euros, la perte pour la SNCF est de quelque 5 milliards d'euros depuis décembre dernier.

Pendant la période du confinement, "seulement 7% des TGV ont roulé et ils n'ont transporté que 1% de la clientèle habituelle. Nous avons aussi enregistré des manques à gagner importants sur les trains de la vie quotidienne. Seul le fret a plutôt bien résisté, avec un taux d'activité supérieur à 60%", détaille Jean-Pierre Farandou.

Pas de licenciements prévus

Espérant une reprise la "plus rapide possible", Jean-Pierre Farandou indique à propos des TGV que "quelques trains" sont complets en juin : "Pour juillet, nous enregistrons en moyenne 20% de réservations, et pour août autour de 8%", poursuit le patron de la SNCF, pour qui "on reste très loin de la rapidité du redémarrage observé après une grève".

Jean-Pierre Farandou exprime par ailleurs sa volonté de remplacer d'ici 2030 par des trains roulant à l'hydrogène "tous les trains roulant au diesel sur le réseau qui n'est pas électrifié". Il ne chiffre pas le coût de ces mesures, qui visent à atteindre le bilan carbone de "zéro émission en 2035".

Interrogé sur un éventuel geste financier de l'Etat, Jean-Pierre Farandou, qui réclamait il y a trois semaines un plan de relance du ferroviaire, répond avoir "des échanges réguliers avec l'Etat". Concernant l'emploi, il écarte l'hypothèse de licenciements : "Au contraire, nous allons continuer à recruter cette année et l'année prochaine", assure-t-il.