Contrôles des 100 km : "Ce n'est pas le rôle de la police d'être un garde-fou sanitaire, on préférerait distribuer des masques", regrette le syndicat Vigi police

Jérôme Gigou, le secrétaire général adjoint du syndicat Vigi police, estime que cette cette mesure de limitation des déplacements dans un rayon de 100 km "est très difficilement applicable".

Des policiers contrôlent un véhicule à la sortie de Paris, le 20 avril 2020.
Des policiers contrôlent un véhicule à la sortie de Paris, le 20 avril 2020. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

À l'approche du premier week-end déconfiné, les policiers et gendarmes sont chargés de contrôler les voyageurs pour s'assurer qu'ils sont à moins de 100 km de distance de chez eux, en raison de la pandémie de Covid-19. "Ce n'est pas le rôle de la police d'être un garde-fou sanitaire, on préfèrerait véritablement aider la population, en distribuant des masques", regrette le secrétaire général adjoint du syndicat Vigi police, Jérôme Gigou, vendredi 15 mai sur franceinfo.

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Le syndicaliste estime que cette mesure du gouvernement "est très difficilement applicable. Aujourd'hui, on compte sur la bonne foi des Français, mais comme on le sait, les Français sont souvent indisciplinés et il y a plein de débordements déjà, puisqu'on ne peut pas le vérifier."

"L'automobiliste a toujours une bonne raison" d'aller plus loin

Ainsi, il est difficile de connaître l'adresse véritable d'un automobiliste : "On pourrait vérifier, par exemple, via le fichier des cartes grises, le domicile de la personne. Mais parfois, les gens ne font pas le transfert de l'adresse. On peut aussi emprunter le véhicule d'un voisin", explique-t-il avant de s'interrompre pour ne pas "donner toutes les combines qui existent pour braver cette interdiction de déplacement de 100 km".

"Les collègues sur le terrain se plaignent un petit peu de tout ça parce que l'automobiliste invoque toujours de bonnes raisons [pour aller plus loin], souvent familiales, donc les policiers qui ont du cœur laissent circuler les gens sans véritablement vérifier", ajoute Jérôme Gigou.