Conseil scientifique : "Chacun doit rester à sa place", affirme l'infectiologue François Bricaire

Le médecin estime que les décisions doivent être prises "par le politique" et que "le Conseil scientifique doit rester simplement un conseiller".

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Radio France
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L'infectiologue François Bricaire, le 9 mars 2020. (DELPHINE GOLDSZTEJN / MAXPPP)

François Bricaire, infectiologue et professeur à l'Université Pierre et Marie Curie, estime jeudi 10 septembre sur franceinfo que "chacun doit rester à sa place". Les déclarations du président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, prévoyant "des décisions difficiles" que pourrait prendre le gouvernement font polémique. En visite en Corse, Emmanuel Macron a promis des décisions vendredi lors du Conseil de défense pour "donner de la visibilité sur les prochaines semaines". Plusieurs mesures devraient être imposées alors que la circulation du virus est particulièrement active, mais le chef de l'État a rappelé que c'était aux dirigeants, "démocratiquement élus", de "prendre des décisions".

>> Suivez notre direct coronavirus : Emmanuel Macron promet des décisions vendredi "pour donner de la visibilité dans les semaines à venir"

franceinfo : Est-ce que le Conseil scientifique ne parle pas trop finalement ?

François Bricaire : Je comprends la réaction du président de la République parce que je crois qu'effectivement chacun doit rester à sa place et que les décisions qui doivent être prises doivent l'être par le politique. Le Conseil scientifique doit rester simplement un conseiller pour donner quelques informations et éventuellement quelques orientations. Je pense que les choses doivent évoluer. Au début, il y avait effectivement une domination du Conseil scientifique. Cette domination me paraissait tout à fait excessive et, par conséquent, on revenait à quelque chose de plus raisonnable. Et il faut vraiment qu'il y ait des réflexions qui soient conduites par les politiques pour prendre des décisions qui sont peut-être lourdes à prendre, mais qui ne doivent pas non plus, à mon avis, être excessives.

À quoi il sert alors le Conseil scientifique ?

Il faut bien reconnaître que les scientifiques sont quand même en situation un peu délicate. Quand je dis ça, je me mêle aussi, étant infectiologue, pour dire qu'on a des difficultés à voir comment les choses vont évoluer, ce que ce virus, cette épidémie, va pouvoir donner, combien de temps ça va durer, etc. Une question qu'on se pose légitimement et à laquelle, malheureusement, scientifiquement, on n'est pas capable de répondre.

Quelles sont ces mesures supplémentaires qui pourraient être annoncées ?

On nous dit : il va falloir des mesures supplémentaires. Moi, j'attends lesquelles.

Il ne faut pas non plus tomber dans des excès qui aboutissent à faire refuser ce qui est proposé à la population. 

François Bricaire, infectiologue

à franceinfo

Même s'il y a un virus qui circule, même s'il y a un virus qui nous embête énormément, c'est quand même un virus qui n'est pas d'une gravité absolue avec la nécessité pour la société de reprendre des activités dans toute l'acception du terme, quelles que soient ses activités professionnelles, de distractions, etc. Et que, par conséquent, il faut essayer de trouver les moyens à la fois de se protéger et de vivre.

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