Petits commerces fermés pendant le confinement : "Un sentiment d'extrême injustice se manifeste aujourd'hui"

Bénédicte Boudet, déléguée générale de la Confédération des Commerçants de France déplore une différence de traitement infligée à certains types de commerces fermés pendant le confinement, alors que le concurrence fait rage en grande surface ou sur Internet. 

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Deux fleuristes péparent les arrangements de la Toussaint devant leur boutique à Mulhouse, le 29 octobre 2020 pour leur dernier week-end d'ouverture avant le confinement. (VINCENT VOEGTLIN / MAXPPP)

"Un sentiment d'extrême injustice se manifeste aujourd'hui, on ne comprend pas pourquoi il y a des biens essentiels, d'autres considérés comme non-essentiels", déplore vendredi 30 octobre sur franceinfo Bénédicte Boudet, déléguée générale de la Confédération des Commerçants de France, alors que de nombreux petits commerces, considérés comme vendant des biens "non-essentiels", ont dû fermer leurs portes vendredi, au moins jusqu'au 1er décembre.

franceinfo : Les magasins Fnac-Darty vont rester ouverts grâce aux dérogations, parce qu'ils vendent de l'électroménager et de l'électronique. Que pensez-vous de cette exception ?

Bénédicte Boudet : C'est incompréhensible. Je me réjouis pour eux car, nous, c'est ce qu'on demande : de pouvoir ouvrir. C'est incompréhensible, car la vente de jouets représente 60% du chiffre d'affaires de ce magasin, en cette période de fin d'années. Il y a les livres. Il y a toute la concurrence des grandes surfaces et en ligne. Un sentiment d'extrême injustice se manifeste aujourd'hui, on ne comprend pas pourquoi il y a des biens essentiels, d'autres considérés comme non-essentiels. Ça pose beaucoup de questions pour nos commerçants.

Les fleuristes vont également devoir fermer dimanche, une fois la Toussaint passée, alors que les supermarchés vendent des fleurs et peuvent, eux, rester ouverts ?

Bien sûr, idem pour les chausseurs, pour tous les rayons qui peuvent être ouverts dans les grandes surfaces, qui peuvent être en ligne avec, en plus, les promotions agressives qu'on connaît. C'est un profond déséquilibre de la façon de commercer de la concurrence. Les commerçants sont très, très en colère.

Interpellez-vous aujourd'hui le gouvernement, l'exécutif ?

Cela fait plusieurs semaines qu'on le fait, on l'avait déjà fait lors de la première vague. Tant mieux pour ces acteurs, bravo, ils vont faire du chiffre d'affaires complémentaire, mais, au moins, qu'ils aient un esprit solidaire. Solidaire dans les opérations qu'ils font, avec des promotions Black Friday très agressives, et solidaires avec un fonds qui pourrait être créé par ces acteurs-là pour les commerçants indépendants qui souffrent et qui ne savent pas s'ils vont pouvoir réouvrir en raison de la situation économique qu'ils traversent.

Le salut pour les petits commerçants passe-t-il aujourd'hui par les sites Internet et la mise en place de retrait en magasin ?

C'est une possibilité. Le gouvernement a réagi très vite en clarifiant les choses, c'est même marqué sur l'attestation depuis ce matin, mais c'est une goutte d'eau. Ils vont pouvoir faire quelques ventes, quelques paires de chaussures, mais ce n'est pas ça qui va leur donner une bouffée d'air suffisante pour pouvoir tenir deux semaines, voire davantage, par rapport au confinement. Pour ceux qui sont équipés, bien sûr, nous les encourageons.

[Le retrait en magasin] est encore parfois très lourd, avec des aides financières encore incertaines.

Bénédicte Boudet, déléguée générale de la Confédération des Commerçants de France

à franceinfo

C'est pour un certain type de commerçants. Ils passent même par Facebook, par des annonces un peu à l'ancienne, mais ce n'est pas ça qui va les sauver. Sur le principe, tous peuvent le faire, mais c'est un état d'esprit, un certain équipement. Certains sont prêts, pour d'autres, ça semble trop lointain, ou ils ont pris un tel retard que c'est difficile. On demande aux consommateurs d'attendre la réouverture des commerces, de ne pas se ruer dans les grandes surfaces.

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