"Nous reconfiner un an plus tard, je ne comprends pas" : les Italiens de nouveau confinés et divisés sur la question

Une partie de l'Italie est de nouveau confinée depuis lundi 15 mars. Le nombre de cas de Covid-19 dans le pays est en hausse et le variant anglais se diffuse rapidement.

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Radio France
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Rues vides à Rome, autour du Colisée, le 15 mars 2021, premier jour du nouveau confinement décrété dans la ville.  (ANDREAS SOLARO / AFP)

Les trois quarts de la population italienne sont de nouveau confinés depuis lundi 15 mars. Si la situation n'a rien d'inédit pour le nord du pays, habitué à figurer en zone rouge, à Rome il n'y avait pas eu de reconfinement à l'exception de la période de Nöel. Ces dernières semaines le nombre de cas de Covid-19 a augmenté de 15 % en raison du variant anglais. Les hôpitaux de Rome ne sont pas saturés et les Romains continuent à se déplacer pour aller travailler.

Au premier jour de ce nouveau confinement, il n'y a pas grand monde dans les rues même si la situation n'est pas comparable à celle vécue un an plus tôt. Sur le petit marché des "Copelle", dans le centre historique de Rome, Francesca vient acheter quelques fruits et légumes, son auto-certification à la main. Elle accepte tout à fait la situation. "J'ai des parents âgés qui voient ma petite-fille donc je suis très prudente depuis longtemps. Pour éviter qu'ils tombent malade, je sors déjà peu, ça ne change pas grand chose pour moi. Je pense que s'il faut faire un dernier effort, c'est maintenant parce que malheureusement, trop de monde sort pour profiter du printemps !"

Marco n'est pas du tout d'accord. C'est lui qui tient le marché et depuis le matin, il a eu très peu de clients. "Il n'y a personne, constate le commerçant. Les plus âgés ont peur, ils appellent au téléphone et nous livrons chez eux. On ne peut pas arrêter de vivre parce qu'on a peur de mourir ! Nous reconfiner un an plus tard, je ne comprends pas. On a des vaccins et ils nous disent qu'il y a plus de cas. Je n'y crois pas."

Fatigue psychologique et financière 

D'autres Romains s'inquiètent de la situation économique de leurs entreprises. "Nous avons un double problème : nous sommes épuisés psychologiquement et économiquement", explique Tiziana di Rienzo, propriétaire depuis trois générations d'un restaurant à côté du Panthéon. "Au bout d'un an, on a épuisé nos économies, nous sommes dans une situation dramatique". Selon elle, les parlementaires italiens "doivent comprendre qu'il faut aider les petites entreprises, pas seulement les grandes. Parce que notre pays est fait de petites entreprises. S'ils nous laissent mourir ce sera très difficile pour ce pays de se relever", avertit la restauratrice. 

Ce reconfinement implique également pour de nombreux foyers de devoir trouver des solutions afin de s'occuper des enfants à la maison. "C'est sûr qu'avoir les enfants à la maison, ça devient assez lourd à gérer parce qu'ils vont passer 4 heures chacun sur un ordinateur avec des leçons en ligne", témoigne Giuseppe qui continue de travailler. C'est son épouse qui s'occupe de leurs deux fils âgés de 8 et 10 ans. "Heureusement, ma femme est enseignante et peut les aider. Heureusement aussi que nous avons un ordinateur et une tablette mais j'imagine les familles déjà en difficulté et qui ne peuvent pas acheter d'ordinateur. Elles font comment ?", s'interroge Giuseppe. 

Ce père de famille espère que, comme le demande la secrétaire d'État italienne à l'Éducation, les crèches, écoles maternelles et primaires restent ouvertes même en zone rouge.

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